Les expositions à voir à Paris en mai

Vous êtes plutôt musique ? Plutôt mode ? Plutôt photo ? A Paris, vous trouverez toujours une exposition pour satisfaire votre soif d’apprendre ! Voici notre sélection des expositions du moment à voir absolument…

Pour les procrastinateurs : Kimono, Au bonheur des dames (Musée Guimet)

KIMONO-GuimetVous faites partie de ceux qui attendent toujours le dernier week-end pour aller voir une expo ?Alors c’est le moment d’aller voir l’exposition temporaire du Musée Guimet, Kimono, Au bonheur des dames ! Pourquoi ne pas profiter de la Nuit des Musées ce soir pour aller y jeter un œil ?

L’exposition est organisée autour de la collection de la maison Matsuzakaya : c’est la première fois que cette petite fabrique de kimonos de Nagoya, fondée en 1611 et devenue depuis un grand magasin qui possède d’immenses bâtiments à Tokyo, expose en France.

Kimono, Au bonheur des dames est organisée en trois temps. La première partie est consacrée à l’histoire du kimono : ses influences (saviez-vous que le kimono, à l’origine, était inspiré d’un vêtement traditionnel chinois ?), sa fabrication, la place qu’il occupe dans la société japonaise et son évolution depuis l’époque d’Edo jusqu’à aujourd’hui. On y apprend entre autres que le kimono est porté par tout le monde, quelle que soit sa classe sociale : ce qui distingue un samouraï d’un aristocrate, par exemple, n’est pas la coupe (invariablement en forme de T), mais le décor et la qualité du tissu.KIMONO-Guimet-2

Ensuite, une salle est consacrée aux différents accessoires du kimono, notamment la ceinture et les épingles et peignes à cheveux. On y apprend entre autres que la ceinture (obi), très lourde et contraignante, possède des dimensions impressionnantes : 5 mètres de long sur 35 cm de large !

La troisième partie de l’exposition montre l’influence de cet habit traditionnel sur la mode française. Ce n’est qu’au milieu du 19ème siècle qu’apparait le « japonisme » en France, à travers les créations de couturiers tels que Paul Poiret ou Madeleine Vionnet. Aujourd’hui, le kimono envahit les podiums, sans cesse réinterprété : on découvre les pièces des japonais Kenzo Takada, Issey Miyake ou Yohji Yamamoto, mais aussi de couturiers occidentaux (Yves Saint-Laurent, John Galliano pour Dior, Jean-Paul Gaultier…)

Le + : l’exposition est très bien illustrée : au total, plus de 150 pièces sont exposées. Nous avons été bluffées par le catalogue de motifs (c’est magique de voir le motif dessiné puis reproduit sur le kimono !).

Kimono, Au bonheur des dames, au Musée Guimet. Jusqu’au 22 mai.
Tarif : 9,5€ tarif plein ; 7€ tarif réduit
Horaires : Tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h.

Pour les passionnés de musique : Jamaica Jamaica ! (Philharmonie de Paris)

Musiciens et mélomanes, direction la Cité de la Musique ! En ce moment, la Philharmonie de Paris nous fait voyager en Jamaïque. Jamaica Jamaica ! retrace le parcours culturel, politique et musical de cette petite île des Caraïbes, un parcours singulier qui lui a permis de se faire une place dans le paysage musical international. Construite en 7 parties chronologiques (ne vous laissez pas effrayer par la frise qui débute l’expo !) et thématiques, l’exposition nous rappelle que la Jamaïque ne se réduit pas au reggae et à Bob Marley, en rendant hommage à tous ces styles musicaux qui ont posé les bases de bien des musiques actuelles et de la culture DJ.

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D’atelier en atelier, on découvre (et on écoute) le mento, héritage de l’époque coloniale, puis le ska, né de la rencontre entre musiques locales et jazz ou R’n’B américain. Ce n’est qu’à la fin des années 60, alors que la Jamaïque obtient son indépendance, que le reggae fait son apparition, nourri de ces diverses influences musicales. Il donnera naissance à de nombreux autres styles musicaux (rocksteady, dub, dancehall…), qui se répandront peu à peu dans le monde entier grâce aux stations de radio, aux premiers studios d’enregistrement, et aux fameux « sound system ». Vous connaissez la suite…

Le + : l’interactivité. L’exposition est illustrée par une impressionnante collection d’images et de films rares et propose de nombreux ateliers, comme cette salle où on peut remixer des tubes jamaïcains ! Nous qui n’écoutons habituellement pas de reggae, nous nous sommes laissées envoûter par l’univers musical remarquable de la Jamaïque.   

Pour prolonger l’expérience : L’exposition possède sa propre radio, Radio Jamaica !, disponible en ligne et en application. On vous conseille d’y faire un tour ! Vous y découvrirez sans aucun doute quelques pépites…

Jamaica Jamaica ! à l’Espace dʼexposition de la Philharmonie. Jusqu’au 18 août.
Tarif : 10 € tarif plein ; 5€ à 8€ tarif réduit.
Horaires : Du mardi au jeudi de 12h à 18h ; le vendredi de 12h à 22h ; le samedi et le dimanche de 10h à 20h.

Pour les fashion victimes : Balenciaga, L’œuvre au noir (Musée Bourdelle)

On entend beaucoup parler de Dalida, une garde-robe de la ville à la scène, qui présente une centaine de robes et tenues de la chanteuse. Mais que les passionnés de haute couture se rassurent, le Palais Galliera propose une autre exposition hors les murs au Musée Bourdelle, avec moins de strass et plus de sobriété : Balenciaga, L’œuvre au noir.

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Dans le cadre de sa saison espagnole, le Palais Galliera rend hommage au grand couturier espagnol Cristóbal Balenciaga, à travers une exposition monochrome qui se mêle aux sculptures d’Antoine Bourdelle. Après quelques croquis de Balenciaga, le visiteur découvre les magnifiques pièces du couturier, inspirées du folklore espagnol, à la fois minimalistes et complexes.

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Photo : Claire Feuardant

Dans la première partie de l’exposition, intitulée « Silhouettes et volumes », on apprend que Balenciaga a créé des silhouettes qui seront par la suite adoptées par le monde de la haute couture : les lignes tonneau ou ballon, la tunique, la robe-sac… Dans la deuxième partie, « Noirs & Lumières », le noir prend toutes les teintes possibles, sublimé par la lumière : il est tour à tour mat ou brillant, opaque ou transparent. Enfin, dans la troisième partie de l’exposition, « Noirs & Couleurs », les vêtements s’enhardissent d’une touche de couleur, souvent rose (comme les rayures d’un manteau ou le nœud d’une robe). L’univers de Balenciaga repose sur des silhouettes sans cesse réinventées, des jeux de lumière, de couleurs, de matières (soie, taffetas, satin, dentelle). Des robes du jour aux robes du soir, des accessoires aux boléros, manteaux et capes, chaque pièce est unique : Balenciaga réussit le pari de créer autant de silhouettes que de pièces à partir d’une seule couleur : le noir.

Le + : Le Musée Bourdelle, charmant petit musée du 15ème arrondissement, met en scène les pièces de Balenciaga en les faisant dialoguer avec les sculptures. Nous avons été impressionnées par l’immensité des sculptures du grand hall des plâtres, qui donne une impression quasi-mystique aux vêtements exposés ici et là.

Pour prolonger l’expérience : N’hésitez pas à faire un tour dans les ateliers de Bourdelle et dans la petite cour extérieure !

Balenciaga, L’œuvre au noir, au Musée Bourdelle. Jusqu’au 16 juillet.
Tarif : 11 € tarif plein ; 8€ tarif réduit.
Horaires : Du mardi au dimanche de 10h à 18h.

Pour les photographes : Don Mc Cullin, Looking East

Tout amateur de photos se doit de connaître Don McCullin. Après une enfance passée dans un quartier pauvre de Londres, ce passionné de photo s’est d’abord démarqué pour ses reportages poignants dépeignant la misère des banlieues de la ville, avant de se lancer dans le reportage de guerre. En 1964, son reportage sur la guerre civile à Chypre est récompensé du grand prix World Press Photo. Ses photos des conflits au Vietnam, au Liban ou au Biafra resteront emblématiques de la violence des guerres du 20ème siècle. Parmi ses multiples talents (il développe lui-même toutes ses photos), Don McCullin a un don indéniable pour capter l’instant présent. Il se met à la hauteur de son sujet avec la position humble du photographe caméléon, obtient son accord tacite avant d’appuyer sur le déclencheur.  

Don McCullin
Ghaziveram, Chypre. Femme turque en deuil après que son mari ait été tué durant la Guerre civile de Chypre entre les chypriotes grecs et les chypriotes turcs (20/03/1964, World Press Photo of the Year)

Avec son exposition Looking East, La Galerie Folia présente des images méconnues de Don McCullin, captées au cours de ses pérégrinations au cœur des civilisations de l’est. Certaines photos sont paisibles (comme celle des indiens photographiés durant la Kumbh Mela, pèlerinage hindou), d’autres plus tragiques (comme celle d’une famille libanaise dans un cimetière), mais toutes ont en commun leur intensité dramatique. 

Le + : A voir sans modération, l’entrée est gratuite ! 

Don McCullin, Looking East, à la Galerie Folia. Jusqu’au 27 mai 2017.
Horaires : Du mardi au vendredi de 13h à 19h, et le samedi de 11h à 19h.

Nous avons testé pour vous : Les Bols de Jean

Parce que ça fait longtemps que nous n’avons pas parlé de nos restaurants coup de cœur, aujourd’hui nous allons vous faire découvrir le concept original des Bols de Jean ! Nous avions entendu parler de cette adresse depuis quelques temps déjà et, séduites par l’idée, nous avons décidé de la tester… nous n’avons pas été déçues !

D’abord implanté à San Francisco, puis à Londres et enfin à Paris, ce restaurant nous fait découvrir des plats du chef cuisinier Jean Imbert, formé à l’Institut Paul Bocuse, gagnant de Top Chef en 2012, et chef de son propre restaurant L’acajou à Paris. Chez Les Bols de Jean, tout se mange. Chaque plat est servi dans un pain au levain du célèbre boulanger Eric Kayser, légèrement brioché et toasté à l’huile d’olive, ce qui lui donne une texture particulière : croustillant à l’extérieur et moelleux à l’intérieur, c’est une merveille !
Petit + : le pain est encore meilleur lorsqu’on le mange à la fin et qu’il a eu le temps de « s’imbiber » des saveurs et des sauces du plat !

En plus du concept original, Les Bols de Jean a le mérite de mettre à l’honneur des recettes healthy et savoureuses. On prend plaisir à manger des légumes 😉 ! Les menus changent régulièrement en fonction des saisons. Au moment où nous y sommes allées, nous avions le choix entre cinq recettes à des prix très abordables :

  • Le bol végétal (risotto de céleri au parmesan, tombée de pousses d’épinards, poêlée de champignons et poireaux frits) – 8,90€
  • Le bol du moment (purée de carottes, poulet snacké, romaine au miel et sésame, disque de carottes) – 12,90€
  • Le bol retour du marché (purée de patate douce, crevettes sautées, sauce soja/gingembre/citron, mesclun, granny smith et poivrons) – 11€
  • Le bol du chef (bœuf haché d’Aubrac sauce tomates, compotée d’aubergines et oignons, béchamel gratinée à l’emmental) – 13,50€
  • Le bol de Bretagne (salade de sarrasin, jambon à l’os, comté, œuf mollet et mousse de lard) – 13,50€

Vous pouvez retrouver les menus sur le site internet.
Pour notre part, nous avons adoré le bol végétal ! Mais nous vous conseillons vivement d’aller y faire un tour pour vous forger votre propre opinion…

7 comptes Instagram pour voir la vie en couleurs

Courage, c’est bientôt le printemps ! En attendant le 20 mars, nous avons sélectionné pour vous 7 comptes Instagram qui mettent toutes les couleurs de l’arc-en-ciel à l’honneur ! Tour d’horizon d’une tendance qui illuminera la fin de votre hiver.

1- Matt Crump @mattcrump

Matt Crump (@mattcrump) est sans doute celui qui incarne le mieux le style de photos dont on va vous parler ! Le célébrissime magazine américain TIME l’a classé dans son Top 50 des Instagrammers, et on le retrouve régulièrement dans les Top de Buzzfeed, Mashable, Instagram… Ses photos, reconnaissables entre toutes, sont à l’origine d’un véritable phénomène sur Instagram et ont inspiré des millions de personnes. Les ingrédients d’une photo « à la Matt Crump » ? Un sujet pop ou iconique de préférence, une composition minimaliste, des couleurs « candy » et un ton humoristique et surréaliste. 

Matt Crump

Le + : L’univers « candy-colored » de Matt Crump vous mettra chaque jour de bonne humeur, c’est promis ! 

2- @candyminimal

Matt Crump a créé le compte @candyminimal pour rendre honneur à ses fans. Les ingrédients sont les mêmes que pour son compte personnel : des photos « candy-colored », minimalistes, pétillantes, bref, de quoi vous mettre automatiquement de bonne humeur. Un vrai bol d’air frais ! 

candyminimal

Le + : On découvre chaque jour de nouveaux artistes ! Parmi les habitués : Matt Crump bien sûr, mais aussi @runnerkimhall et ses mises en scènes oniriques ou encore @jesuso_ortiz et ses illustrations légères et minimalistes.

3- Sam Uchiro @aww.sam

Designer de profession, Sam Uchiro (@aww.sam) se décrit aussi comme une « Donut aficionado »… de quoi donner le ton tout de suite ! Ses photos pétillantes et pleines d’humour incluent, entre autres : des flamants roses (sous toutes les formes !), des « funfettis », des ballons, beaucoup de gâteaux… En résumé, les stars de la culture pop ! Avec Sam Uchiro, c’est tous les jours la fête ! 

Aww.sam

Le + : Vous pouvez aussi la retrouver sur son blog

4- Kelly Mindel @studiodiy

Comme Sam Uchiro, Kelly Mindel (@studiodiy) a un mantra : « Make life a party! » Son compte haut en couleurs, basé sur le « do it yourself », partage des idées, des projets, des recettes, et toutes sortes de conseils créatifs ! 

Studiodiy

Le + : Ses créations sont en vente sur son site. Davantage conçu comme un blog que comme une boutique en ligne, vous trouverez également sur celui-ci un véritable mode d’emploi pour faire de votre vie une fête permanente ! Avec des conseils aussi fous que « Remplir une voiture de ballons », « Fabriquer une piñata et l’accrocher dans son salon » ou encore « Funfetti-fier ses desserts », vous ne serez jamais à court d’idées ! 

5- Andrew Kuttler @andrewkuttler

S’il se décrit sobrement comme un « buveur de café » et « chercheur d’aventures », Andrew Kuttler (@andrewkuttler) est bien plus que cela : designer graphique freelance, il gère son compte Instagram comme personne et possède déjà plus de 65 000 abonnés ! Inspiré par Los Angeles, où il vit depuis 2013, ville haute en couleurs et en perpétuel mouvement, il poste tous les jours des petites pépites pleines d’humour et hautes en couleur !

Andrew Kuttler

Le + : Il a collaboré avec de grandes marques sur Instagram, participant à de nombreuses campagnes publicitaires (« Make it Rain » pour Coca-Cola où l’on reconnait son inimitable parapluie multicolore, « Jet Set Go » pour Michael Kors et l’ombre qui sort des chaussures…) 

6- Cyn @hotpinkpineapples

Décoratrice, fan de l’univers Disney, Cyn (@hotpinkpineapples) respire la bonne humeur avec son compte coloré et pétillant. Murs peints, façades roses, bouées en forme de licorne, de flamant rose ou de cœur… elle photographie tout ce qui est coloré, pose devant ou avec, un sourire éclatant sur ses lèvres rouge flashy.

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Le + : Celles qui ont gardé leur âme d’enfant seront comblées : du parc d’attraction californien et ses barbapapas aux icônes Disney, en passant par les licornes et les arc-en-ciel… Son compte a tout pour nous replonger en enfance ! 

 7- Amber « Dixie and Twine » @dixieandtwine

On termine ce top avec Amber (@dixieandtwine). Cette fan des années 80 fabrique des décorations de fête qu’elle met en scène sur son compte Instagram et vend sur Internet. On y retrouve tout et n’importe quoi, mais surtout, ce joyeux fouillis est coloré, humoristique, fun… bref, tout ce qui rend une fête inoubliable ! 

Dixieandtwine

Le + : Les messages subliminaux ! A force de lire des « Having all the fun », « Fiesta Forever », « Best Day Ever » et autres « Yay », vous serez toujours de bonne humeur ! Essayez, ça marche vraiment… 

 

5 raisons d’aller voir l’exposition Gaston Lagaffe à la BPI

Cette semaine, le Centre Pompidou fête ses 40 ans. A cette occasion, le célèbre musée parisien a dévoilé pour 2017 un programme d’expositions inédites, d’événements et de manifestations dans 40 villes de France. Mais c’est aussi un autre anniversaire que fête le Musée, avec son exposition Gaston, Au-delà de Lagaffe à la Bibliothèque Publique d’Information. Jusqu’au 10 avril 2017, la BPI rend hommage à cette icône de la BD franco-belge créée par André Franquin et qui fête ses… 60 ans. On vous donne 5 raisons de ne pas passer à côté !

1- (Re)découvrir les débuts de Gaston Lagaffe 

Les plus jeunes, qui lisent aujourd’hui les planches de Gaston Lagaffe, ne savent certainement pas que le personnage n’a pas toujours été le héros de sa propre BD. En effet, Gaston Lagaffe, premier héros sans emploi du 9ème art (contrairement au cow-boy Lucky Luke ou au détective Gil Jourdan), est né en février 1957 entre les pages du Journal de Spirou. Au début, sa fonction principale était tout simplement… de remplir les blancs ! Comme le journal était édité à la fois en France et en Belgique, les volumes publicitaires différaient d’un pays à l’autre et laissaient des vides dans la mise en page. On peut découvrir les premiers gags de Gaston et admirer la manière dont il s’insérait dans les vides du journal, entre deux brèves.

Attachant car sans emploi, insouciant et désinvolte, Gaston Lagaffe est vite devenu l’un des personnages préférés des lecteurs. Les gags ont pris de l’ampleur, puis Franquin les a définitivement sortis du journal pour en faire deux strips en septembre 1957, avant de se consacrer (de plus en plus puis entièrement) à ce personnage, épurant le décor pour économiser du temps et partageant le travail avec son jeune assistant Jidéhem.

2- Faire la connaissance du « vrai » Franquin

Franquin n’était pas l’artiste-star prolifique que la légende a finit par faire de lui. Au contraire ! Sujet à la dépression, le personnage de Gaston Lagaffe aura sur lui un effet cathartique. En 1961, alors qu’il est malade et contraint au repos, Franquin arrête tout… sauf Gaston Lagaffe.

C’est dans ses BD que Franquin se dévoilait le plus. Gaston Lagaffe est peu à peu devenu son alter ego, à la fois messager de ses propres idées (notamment sa haine des parcmètres !) et révélateur de ses sentiments inavouables.

“J’ai mûri en me disant que je n’avais pas assez joué. C’est une sensation très pénible de se dire qu’on a pas assez joué dans sa jeunesse. C’est un manque, une frustration terrible. Je suis adulte et j’ai encore envie de jouer, c’est un sentiment très curieux. Et Gaston, lui, continue le jeu. Et c’est pour cela qu’on l’envie. […] Peu importe les circonstances, Gaston, lui, continue de jouer.” Franquin, Entretien avec Patrick Pinchart, 1992.

La différence entre Spirou, Fantasio et Gaston Lagaffe, c’est que Franquin avait lui-même créé le personnage de Gaston. Il pouvait le façonner à sa manière, lui donner les caractéristiques, les pensées, les comportements qu’il voulait, contrairement aux deux autres personnages, qui avaient déjà leur histoire et leur caractère propre.

3- S’immerger dans les années 60 et assister à la naissance de la BD moderne

Plus qu’un révélateur de l’âme torturée de Franquin, Gaston Lagaffe était aussi un témoin de son époque. Tour à tour beatnik, hippie, défenseur des droits des animaux, Gaston reflète la jeunesse de son époque, ses combats et ses idées. Par l’intermédiaire de Gaston, Franquin s’achemine vers une oeuvre de plus en plus subversive et engagée, dont Les Idées Noires ou le Trombone Illustré seront les piliers. Les Idées Noires, c’est un peu Gaston trempé dans la suie” confiera d’ailleurs Franquin.

Plus largement, Gaston Lagaffe sera le point de départ de la BD moderne, incarnée par des auteurs tels que Gotlib ou Bretécher avec leurs gags pour adultes grands enfants.

4- Retomber en enfance

Qui ne se souvient pas du cactus de Gaston ou de sa collection de souris blanches ? L’expo de la BPI est aussi un moyen de retomber en enfance et de se souvenir de nos lectures de jeunesse… Et si vous n’avez jamais lu de BD, vous avez dû regarder les dessins animés Marsupilami, non ? L’expo consacre un espace dédié aux autres personnages de Franquin et aux multiples passerelles qui existaient entre ses différentes oeuvres, comme cette planche où Gaston se déguise en marsupilami…

Et comme le vintage a la côte en ce moment, ceux qui ne connaissent ni les BD ni les dessins animés se feront un plaisir de découvrir ces icônes de la BD des années 60-70, le vocabulaire un peu vieillot (“m’enfin…”), et même les vieux journaux sortis d’une autre époque !

5- Bénéficier des meilleurs conseils pour se mettre à la BD

Dessinateurs en herbe, vous êtes ici à la meilleure école ! Ponctuée de citations de Franquin, d’éléments biographiques et de bribes d’interviews, l’expo nous éclaire sur sa vision du 9ème art et nous distille quelques conseils de premier choix.

Le plus cher à Franquin : s’inspirer de son quotidien pour inventer des histoires. Avec sa galerie de personnages, tous inspirés de personnes de son entourage (même Gaston dont l’allure courbée a été empruntée à un ami commun de Franquin et de Yvan Delporte !), Franquin a créé et fait évoluer un monde qui aurait pu exister.

“Une oeuvre n’est jamais totalement personnelle. Placez, sur une île déserte, un enfant doué pour le dessin : s’il n’y entre pas en contact avec les dessins d’un autre, son génie ne pourra jamais se développer. […] Je n’ai jamais rien copié de ma vie, mais je reconnais des influences.” Franquin, Entretien avec Patrick Pinchart, 1992.

Deuxième conseil : la patience. On peut voir tout au long de l’expo les croquis préparatoires des différents personnages. Contrairement à ce que l’on peut croire, créer un personnage ne vient pas d’un coup, c’est le fruit d’un long travail alternant observations, croquis et brouillons.  

“Pour inventer un personnage, il faut en dessiner une bonne vingtaine. De très petits croquis rapides qui ne prennent que quelques secondes, et que l’on transforme sans cesse. Progressivement, un visage commence à se préciser. Et trois ou quatre autres plus loin, ça y est ! Il est là !” Franquin, Entretien avec Patrick Pinchart, 1992.

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Et aussi…

  • Saviez-vous que Franquin ne dessinait pas toutes ses BD seul, loin de là ? Pendant près de 20 ans, Franquin s’est partagé la tâche avec le jeune dessinateur Jidéhem, alias Jean de Mesmaeker. Ils ont publié ensemble plus de 400 planches ! Ce qui ne rendait pas le partage des droits d’auteurs aisé…
  • Gaston Lagaffe en chiffres, c’est plus de 900 planches en 39 ans (1957-1996) !  
  • Prévoyez du temps pour (re)lire toutes les planches exposées et faire le plein d’humour et d’autodérision pour affronter l’hiver !

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Gaston, Au-delà de Lagaffe, Exposition à la BPI (Centre Pompidou) jusqu’au 10 avril 2017.

  • Entrée gratuite, visites guidées gratuites, en groupe le matin (sauf mardi et week-ends) et individuels tous les jours à partir de 18h (sauf le mardi).
  • Ouvert tous les jours sauf le mardi, de 12h à 22h du lundi au vendredi, et de 11h à 22h les samedi, dimanche et jours fériés.
  • www.bpi.fr
  • Métro : Hôtel de ville / Rambuteau

5 recettes détox pour bien commencer l’année

« Détox », une expression à la mode mais souvent mal utilisée. Les restaurants et nouveaux coffee shop à la mode proposant des produits, menus et même cures détox ont le vent en poupe (tous les parisiens branchés ont entendu parler de Season, de La Guinguette d’Angèle ou de Wild and the Moon…) et les livres sur le sujet sont de plus en plus nombreux.

Mais que veut réellement dire « détox » ? Aujourd’hui, nos organismes sont exposés à des toxines en permanence (pollution, pesticides, produits chimiques…), qui se trouvent partout autour de nous, dans les éléments les plus basiques de notre quotidien (eau du robinet, crèmes pour la peau…) mais aussi dans ce que l’on mange. L’accumulation de ces toxines a un effet négatif sur notre santé et peut affaiblir notre système immunitaire : baisse d’énergie, maux de têtes, insomnies, surpoids…  Or, il vaut mieux avoir ses batteries rechargées pour affronter l’hiver ! C’est là que la détox intervient, pour « purifier » le corps et le débarrasser de ses déchets, mais aussi faire le plein d’énergie, de vitalité et prévenir les infections !

Depuis quelques temps, nous ne nous séparons plus de nos deux livres fétiches : Super Smoothies et Green Soupes, de Fern Green, dans la collection Marabout. Ces livres sont conçus comme des programmes de cure détox à suivre sur plusieurs jours (on vous avoue qu’on ne suit pas du tout les programmes, mais on les utilise comme des livres de recettes !) Ce qui nous plait particulièrement ? Tout d’abord la mise en page est claire et pratique (avis à ceux qui n’ont pas toujours le temps de cuisiner, c’est un véritable gain de temps, on vous l’assure !)  : chaque recette s’étale sur une double page, avec à gauche une photo et une liste des ingrédients, et à droite, la recette, une photo de la soupe ou du smoothie une fois prêt, et ses bienfaits.

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Aperçu de Green Soupes, Fern Green, Marabout

On vous a sélectionné 5 recettes de soupes et smoothies (que l’on a testées et validées !) : de quoi vous remettre sur pied pour attaquer 2017 !

1. Le basique : « Citron Détox »

Si vous aimez ce qui est fort, ce jus est fait pour vous ! Véritable coup de fouet, il permet de maintenir votre métabolisme en bonne santé et de booster votre immunité. Consommé quotidiennement, il apportera chaque jour de l’alcalinité à votre système, essentiel pour se maintenir en bonne santé. Il est également purifiant et stimule le sang. De quoi garder la pêche durant l’hiver !

Pour 220 mL environ

  • Le jus de ½ citron
  • Le jus de ½ citron vert
  • 1 pincée de piment de Cayenne
  • 15 g de gingembre
  • 1 cuillérée à café de sirop d’agave

La recette : Mettez tous les ingrédients au blender avec 200 mL d’eau filtrée jusqu’à l’obtention d’un smoothie lisse. Passez la préparation dans un chinois passé au-dessus d’une carafe ou d’un petit saladier en pressant bien à l’aide d’une cuillère en bois ou d’une spatule en caoutchouc.

2. Asperge & Citron

L’une de nos soupes favorites. Ça tombe bien : elle contient des acides aminés à foison, qui aident le corps à se débarrasser de ses déchets, elle nettoie le foie et est diurétique et alcalisante. A consommer sans modération ! 

Pour 2 personnes – 30 min de préparation

  • 14 asperges pelées et coupées en tronçons de 2,5 cm
  • 1/2 poireau, finement émincé
  • 600 mL d’eau ou de bouillon d’os de poulet
  • le zeste de 1 citron
  • 1 poignée de feuilles de menthe fraîche
  • 1 cuillérée à soupe d’huile d’olive
  • sel et poivre

La recette : Faites chauffer l’huile d’olive à feu doux, puis faites revenir les asperges et le poireau 5 minutes. Ajoutez le zeste de citron et mélangez bien. Versez l’eau et portez doucement à ébullition, puis laissez mijoter 3 minutes. Eteignez le feu, ajoutez les feuilles de menthe et mixez jusqu’à obtenir une texture lisse. Assaisonnez.

3. Lentille & Thym

Cette soupe est très simple à faire et nécessite peu d’ingrédients. En plus, elle est pleine de fibres réduisant le cholestérol et riche en protéines et en vitamine B. Elle stimule également le métabolisme et favorise la digestion.

Pour 2 personnes – 25 min de préparation

  • 250g de lentilles brunes, précuites
  • 1 gousse d’ail hâchée
  • 1 brin de thym
  • 600 mL d’eau ou de bouillon d’os de poulet
  • 1 cuillérée à soupe d’huile d’olive
  • sel

La recette : Faites chauffer l’huile d’olive, puis faire revenir l’ail 3 minutes. Ajoutez les lentilles et poursuivez la cuisson 5 minutes. Ajoutez l’eau et le thym, puis laissez mijoter 10 minutes. Mixez jusqu’à obtenir une texture lisse. Assaisonnez.

4. Lait amande curcuma

Rien de tel qu’un lait protéiné pour lutter contre le froid ! Ce smoothie favorise l’alcalinité, aide à réduire l’augmentation de la glycémie et coupe la faim. Anti infectieux, détoxifiant et réparateur cutané, c’est un allié précieux pour les longs mois d’hiver !

Pour 320 mL environ

  • 100g d’amandes
  • 1/2 cuillérée à café de curcuma en poudre
  • 2 dattes dénoyautées (prendre des dattes medjool)
  • 1 pincée de sel

La recette : Mixez tous les ingrédients au blender avec 300 mL d’eau filtrée jusqu’à l’obtention d’un smoothie lisse. Passez la préparation au chinois en pressant bien avec une cuillère en bois ou en caoutchouc.

5. Festin d’avocat

Si, comme nous, vous êtes fan d’avocats, voici une recette de smoothie qui devrait vous plaire ! Riche en vitamines K, C, B et E, ce smoothie protéiné est aussi fortifiant et régulateur sanguin.

Pour environ 500 mL (250 mL par jour)

  • 1 avocat dénoyauté et épluché
  • le jus d’1/2 citron vert
  • 2 brins de persil
  • 1 pomme granny smith évidée
  • 5 feuilles de menthe
  • 1/2 concombre
  • 1 petite grappe de raisin blanc, épépiné

La recette : Passez tous les ingrédients au blender avec 300 mL d’eau filtrée. Cette recette est prévue pour deux jours.

Et vous, quelle est votre recette favorite pour vous booster en hiver ? On attend vos commentaires & avis !

Nous avons testé pour vous : Let’s Ride, l’indoor cycling 2.0

Avis à tous les sportifs frileux ! Si vous voulez vous défouler sans avoir à affronter le froid hivernal, l’indoor cycling (ou vélo d’appartement) est fait pour vous. Chez Let’s Ride, l’indoor cycling est revu et modernisé à travers des cours collectifs de 45 minutes en musique faisant travailler tout le corps. Visite guidée.

A savoir avant de commencer : les inscriptions se font uniquement en ligne. Il suffit de se rendre sur le site de Let’s Ride et de créer son compte. Un planning indique les sessions à venir. Vous pouvez choisir votre coach, votre horaire et l’emplacement de votre vélo dans la salle. On vous conseille de réserver tôt car les places partent vite… Pour les débutants, le cours d’essai est gratuit. Si vous devenez accro, vous pouvez acheter des crédits et continuer à réserver vos prochaines sessions en ligne. Une session coûte 25€, mais Let’s Ride propose également des forfaits limités dans le temps, comme l’offre de bienvenue valable 2 semaines, qui propose 3 cours pour 45€. Surveillez bien le planning des sessions, ils organisent parfois des séances à thèmes (récemment Queen B, Hip Hop, Best of 2016…) ! L’occasion de se défouler sur une playlist qui vous fait vraiment vibrer.

Une fois la session réservée, il n’y a plus qu’à attendre le jour J ! Attention, toute annulation doit être effectuée au minimum 24h avant l’heure de la session.

Pour vous rendre à votre session, prévoyez seulement des vêtements de sport et une bouteille d’eau. Il est conseillé d’avoir un quart d’heure d’avance pour pouvoir prendre le temps de s’installer sur son vélo. Dès que l’on entre dans le studio du 21, rue des 3 Bornes, dans le 11ème, on se sent tout de suite chez soi. Une personne de l’équipe nous accueille avec le sourire et nous accompagne jusqu’aux vestiaires en nous expliquant comment fonctionnent les casiers et où sont les douches. Sur place, on vous fournit des chaussures spéciales qui peuvent se fixer sur le vélo ainsi que des serviettes. Tout est neuf, propre et moderne.

Le cours en lui-même est une expérience unique. La salle est plongée dans l’obscurité et le cours se déroule en musique : le rider est immergé dans une ambiance électrique et oublie toute la tension accumulée. C’est un cours collectif mais qui reste personnalisé : les coachs viennent nous voir pour nous aider à régler la hauteur du vélo, la distance entre la selle et le guidon, et nous expliquer comment fixer nos chaussures aux pédales (et comment les enlever), ou comment augmenter ou diminuer la résistance. Ici, pas de compteur affichant la distance parcourue ou le nombre de calories brûlées : on cherche avant tout à se faire plaisir. Chaque rider adapte l’expérience à son propre niveau, du moment qu’il est en rythme avec la musique. Pendant 45 minutes, on pédale en rythme et on travaille tout le corps : le bas du corps (en variant la puissance et la vitesse en fonction des morceaux de musique) et le haut du corps (avec les poids situés à l’arrière du vélo). Chaque morceau de musique amène à une chorégraphie et à un rythme différent : fermez les yeux, écoutez les conseils du coach et laissez-vous emporter par la musique… Faites-nous confiance, vous ne verrez pas le temps passer !

LET’S RIDE Studio

  • Adresse : 21 Rue des 3 Bornes, 75 011 PARIS
  • Contact : smile@letsride.fr / +33 1 84 05 81 91
  • Accès en métro : Station OBERKAMPF (Ligne 5 et 9) ou PARMENTIER (Ligne 3)

Danse : découvrez la technique Martha Graham avec Maggie Boogaart

Nous avions entendu parler de la technique Martha Graham, une technique de danse particulière qui est la base de la danse contemporaine. Cette technique a été créée par Martha Graham, l’une des pionnières de la danse contemporaine au début du 21ème siècle, souvent comparée à Picasso ou Stravinsky pour la grandeur de son oeuvre et l’influence qu’elle a eu sur la danse en général. Comme nous sommes toujours curieuses de découvrir de nouvelles choses, nous avons décidé de nous lancer et d’essayer un cours de “Graham débutant” à l’école de danse Paris Marais Dance School, donné par Maggie Boogaart. Nous n’avons pas été déçues !

Maggie Boogaart
Maggie Boogaart

Tout d’abord, Maggie Boogaart est un excellent professeur. Il existe très peu de professeurs de Graham agréés dans le monde, et elle en fait partie : son enseignement est donc non seulement très professionnel mais aussi très pédagogique et adapté aux débutants comme aux danseurs aguerris. Son cours, dispensé en anglais, en français, un peu en espagnol, est très vivant, énergique, et sa passion est contagieuse !

Il faut dire que son parcours est impressionnant. D’abord formée au ballet aux Pays-Bas, elle s’est orientée vers la danse contemporaine avant de découvrir la technique Martha Graham et de s’y consacrer pleinement. Elle a eu la chance de s’entraîner à la London Contemporary Dance School à Londres, puis à l’école Martha Graham à New York, avec des ex-étoiles légendaires de la Compagnie Martha Graham telles que Pearl Lang, Kenneth Topping, Jane Dudley, Jacqulyn Buglisi, Ethel Winter… Partageant alors sa vie entre Amsterdam, Londres, NY et Paris, la flamboyante Maggie donne l’impression d’avoir eu plusieurs vies. Fondatrice et directrice de la compagnie de danse Dragon Productions, elle a créé pas moins de 16 productions danse-théâtre de 90 min et 50 chorégraphies (vous pouvez en voir quelques extraits ici : Extraits de chorégraphies de Maggie Boogaart pour sa compagnie DRAGON PRODUCTIONS de 1994 à fin 2009 aux Pays-Bas, Etats-Unis et Allemagne) ! Tour à tour chorégraphe et professeur, interprète ou soliste, mannequin, réalisatrice ou actrice et même chanteuse, elle a travaillé aux côtés des plus grands : Peter Sparling, ex-étoile de la Compagnie Martha Graham,  Ann Carlson, Nick Cave… Aujourd’hui, elle enseigne la Technique Martha Graham et dirige une formation professionnelle de danse avec son mari Ghislain de Compreignac, ex-soliste Ballet du Nord, Paris Marais Dance School. Et elle a plus d’une corde à son arc : c’est dans un atelier de communication non-verbale que nous avions fait sa connaissance…

http://www.maggieboogaart.com

Qu’est-ce que la Technique Martha Graham? C’est une technique de base, un entraînement de danse contemporaine qui permet de renforcer son centre, améliorer sa technique et apprendre à s’exprimer. Mise au point par Martha Graham, elle est basée sur les principes de “contraction” et de “release” et accorde une large place à la respiration. Lorsqu’il expire, le danseur contracte et active les muscles de son corps dans son ensemble, et lorsqu’il inspire, il envoie l’énergie accumulée dans une ligne directe. Maggie Boogaart aime comparer ce mouvement à un tigre se préparant pour la chasse (contraction) avant de sauter sur sa proie (release). L’utilisation de la respiration permet alors de renforcer son centre et de retrouver énergie et tonicité afin de pouvoir sentir son corps et l’utiliser pour s’exprimer pleinement à travers la danse. Entres autres principes de bases de la technique Martha Graham, on retrouve le spiral, l’opposition, le déplacement, le déséquilibre, la chute… 

La séance est généralement constituée de trois phases : une phase d’entraînement au sol où force, flexibilité et conscience de son corps sont développées ; une phase d’exercices debout où on développe son sens de l’espace et son enracinement dans le sol ; et enfin, une phase d’exercices à travers l’espace.

http://www.maggieboogaart.com

A qui s’adresse la technique Martha Graham? Aux danseurs contemporains (comme base), aux danseurs classiques (comme complément), à tous les passionnés de danse qui veulent découvrir autre chose, ou encore aux passionnés de yoga et de relaxation. Comme Maggie Boogaart aime à le répéter, débutants et pros sont traités de la même manière dans ses cours. N’hésitez pas à essayer, cela vaut le coup (même pour ceux qui n’ont jamais fait de danse !)

Les infos pratiques :

La danse contemporaine

Il existe plusieurs styles de danse contemporaine, presque tous créés par des ex-danseurs de la compagnie Martha Graham : Limon, Cunningham, Horton, Hawkins, Release…
En France, ce que l’on appelle la « danse contemporaine » ou la modern dance est souvent un mélange entre le style propre du professeur et plusieurs styles, notamment le release. Il n’est donc pas toujours facile d’identifier ces différents styles ou de mettre un nom sur ceux que l’on apprend ! On trouve cependant toujours des professeurs qui enseignent des styles “purs” ou même des techniques de base, comme Maggie Boogaart enseigne la technique Martha Graham, fidèle à l’enseignement qu’elle a reçu à l’école Martha Graham.  

3 questions à Maggie Boogaart

Comment as-tu découvert la méthode Graham?

J’étais alors étudiante au conservatoire de Rotterdam (Pays-Bas). L’année de mes 15 ans, on a introduit la danse « moderne » dans la formation initiale de danse que je suivais. Jusque là, je connaissais la danse classique, la danse de caractère, l’expression corporelle et la danse jazz. Pour la première fois dans ma vie, j’avais l’impression de vraiment me sentir « faite pour danser cette technique » ! J’adore de nombreux styles de danse, mais je sentais que je pouvais vraiment m’exprimer à fond dans la technique Martha Graham, quel bonheur 🙂

Si tu devais résumer cette technique en un mot, que dirais-tu?

« L’essentiel ».

Pourquoi avoir choisi d’enseigner la méthode Graham en France?

Je suis arrivée en France par hasard. Après ma formation initiale au conservatoire de Rotterdam (Pays-Bas) et mes études supérieures à London Contemporary Dance School, j’ai dansé en Espagne et Belgique, démarré ma compagnie Dragon Productions aux Pays-Bas, puis dansé pour des chorégraphes aux Etats-Unis (avec parallèlement des études à l’école Martha Graham et la direction de ma compagnie). J’ai également enseigné à mi-temps dans les principaux conservatoires des Pays-Bas, mais depuis 2008, à cause des changements politiques, le pays offre de moins en moins d’opportunités pour les artistes et notamment les danseurs/chorégraphes. Une amie m’a conseillé de me présenter comme professeur invité au Centre de Danse du Marais l’été 2008, on m’a directement acceptée et demandé de revenir l’été suivant ! J’ai senti que le climat est bien meilleur pour la danse en France qu’aux Pays-Bas et fin 2009, j’ai décidé d’y immigrer.
Quant à mon choix d’enseigner la technique Martha Graham? J’ai choisi d’enseigner une technique de danse qui permet de construire une base forte pour sculpter le corps et le mental d’un danseur lors de la préparation d’une carrière professionnelle au niveau international. En ce qui me concerne, c’est à la fois  l’entraînement en classique ET en technique Martha Graham qui m’ont permis de sculpter mon corps et mon mental, et de m’amener vers une carrière internationale de danseuse soliste. Même si mon premier amour est bien la danse classique et que je me suis entraînée davantage d’années en danse classique qu’en technique Martha Graham, la technique qui parle le plus à ma personnalité, avec laquelle je me sens le plus proche et dans laquelle j’ai fais les études au plus haut niveau (et obtenu mes diplômes) est la technique Martha Graham. Je partage donc ce qui m’est le plus cher.
A part mon enseignement principal en technique Martha Graham, je continue de créer de nouvelles chorégraphies pour mes élèves de niveau pro, et je donne des cours de répertoire, de composition chorégraphique, d’improvisation, de « barre au sol » (yoga/Pilates/méditation) et de « flow/release/contact ». Je dispense également des ateliers basés sur des recherches plus spécifiques comme « l’énergie féminine », « la communication non-verbale » …    Mon plus grand plaisir est de me sentir « intensément vivante et connectée » par la danse et de voir que ma passion pour la danse réveille chez mes danseurs et élèves une sensation de bien-être intense et connexion avec l’univers. Dans de tels moments, rien d’autre n’existe que la respiration, la connexion, l’essentiel et la pureté …