Nous avons testé pour vous : 3 cookies à tester absolument à Paris !

A Paris, il y a toujours quelque chose à faire : visiter une exposition, se promener le long des quais, boire un verre à la terrasse d’un café… ou, pour les plus gourmands, tester des pâtisseries ! La capitale de la gastronomie n’a pas échappé à l’invasion des gâteaux made in U.S.A : banana bread, brownies, carrot cake… tous les coffee shops à la mode en proposent aujourd’hui leur version. Les cookies ne font pas exception à la règle : voici une sélection de nos préférés.

Jean Hwang Carrant 

Pas trop épais, moelleux comme il faut, les cookies de Jean Hwang Carrant sont faits maison et fabriqués dans la petite boutique du 2nd arrondissement, à deux pas des Halles. Ce qui nous a d’abord séduit, c’est le vaste choix de parfums proposés ! Et pour cause, Jean Hwang Carrant est une américaine d’origine taïwanaise tombée amoureuse d’un français… D’où des surprenants mélanges de saveurs venues des 4 coins du monde. On retrouve les classiques (Arthur, le vrai « chocolate chip cookie » made in America, Mac & Choc, au chocolat blanc et noix de macadamia, Peanut Butter, ou encore Gwenola, au caramel au sel de Camargue), les régressifs (Snickerdoodle, Carambar, Nutella), les exotiques (Sseb, au chocolat et au piment, Matcha blanc, et surtout le fameux Black Sesame)… La liste est encore longue, et les parfums sont régulièrement renouvelés (avec un parfum du mois) pour surfer sur la vague des dernières tendances. On peut ainsi goûter des cookies au Mojito, aux baies de Goji ou un cookie Smoky au cacao fumé. Jean Hwang Carrant propose même des cookies sans gluten ! Et bien sûr, en été, sa version des fameux ice-cream sandwiches (bière, mojito, matcha…).

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Photo : Claire Feuardant

Les prix sont dans la moyenne des cookies parisiens : comptez 3,50 € pour un cookie et 5,50€ pour un ice-cream sandwich. Les gourmands pourront craquer pour le sachet de 4 cookies à 10€. Petit plus : Jean Hwang Carrant propose même d’acheter les cookies de la veille à prix réduit !  

Scoop me a cookie

Avec deux boutiques à Paris (dans le 11ème et dans le 17ème) et une bonne présence sur les sites de livraison rapide (Deliveroo, resto-in), Scoop me a cookie a réussi le pari fou d’implanter les cookies « outrageous » à Paris ! Leurs cookies sont épais, moelleux et rivalisent de gourmandise ! Les parfums sont autant alléchants que les noms sont imagés : Back to Basics pour l’incontournable cookie 3 chocolats, Cocoliscous pour le cookie coco/chocolat au lait, Moi Tarzan, Toi Jane pour le cookie banane/chocolat noir, Drive me nuts pour le cookie noix/chocolat noir ou encore Just dought it pour les cookies simples vanille, thé vert ou chocolat… Le plus dur sera de choisir parmi les parfums tous plus gourmands les uns que les autres, avec une influence américaine bien marquée (Kinder, Peanut butter & chocolat, Brownie, Chocolat blanc & noix de pécan, Chocolat noir & orange confite…)

Pour un cookie, comptez entre 2€ et 3,9€… A moins que vous n’en preniez plusieurs ? La mini box (9 cookies pour 15€) permet de goûter plusieurs parfums si vous hésitez trop… Comme Jean Hwang Carrant, Scoop me a cookie propose également les cookies de la veille pour 2,50€ pièce !

Scoop me a cookie
© Instagram @scoopmeacookie

Vous n’êtes pas encore convaincu ? Regardez la vidéo de fabrication des cookies Scoop me a cookie, très bien réalisée, et vous serez conquis ! Et si vous n’avez pas le temps de vous déplacer jusqu’aux boutiques, passez par le e-shop, très pratique…

La Guinguette d’Angèle

Quel parisien n’a pas entendu parler de la Guinguette d’Angèle ? Avec maintenant deux adresses à Paris, la naturopathe Angèle Ferreux-Maeght régale tous les jours les adeptes de nourriture healthy, detox, bio, vegan, sans gluten… Si ses fameuses lunchbox sont maintenant un must des healthy food-addict, ses desserts (souvent vegan) sont également des petites merveilles ! On vous conseille vivement de tester ses délicieux cookies. Angèle revisite le biscuit américain classique avec deux recettes incontournables : matcha-chocolat blanc et chocolat noir-graines de lin. Moelleux, bien dodus et bien garnis, on en redemande !

Cookies La Guinguette d'Angèle
© http://www.naturallylety.com/la-guinguette-dangele/

Le cookie coûte 3,80€ et la formule lunchbox + jus detox + dessert est à 13€.

Mais aussi…

Bien sûr, cette sélection est très subjective, et nous n’avons pas pu goûter tous les cookies de Paris ! Nous avons également beaucoup apprécié le cookie chocolat blanc-noix de macadamia d’Eric Kayser, une valeur sûre ! Les amateurs de cookies bien garnis, comme nous, craqueront également pour les délicieux cookies à la fois croustillants et moelleux Mokonuts Café and Bakery, dans le 11ème. Si vous souhaitez retrouver à Paris un cookie 100% U.S., foncez chez Stoney Clove Bakery ! Côté pâtisseries en vogue, on parle de plus en plus du cookie de Cyril Lignac ou de celui de Nicolas Haelewyn (Karamel Paris).

N’hésitez pas à partager votre adresse préférée en commentaire ! 😉

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Le Sentier des ocres de Roussillon : nos conseils pour profiter au maximum de votre sortie

Nous sommes en septembre : les touristes ont déjà pris la route du retour, les enfants ont regagné les bancs de l’école, et il fait encore beau (et chaud !). C’est le moment idéal pour (re)découvrir les sites catalogués touristiques… sans les touristes ! Si vous vivez en Provence ou êtes toujours en vacances dans la région, pourquoi ne pas en profiter pour passer une journée dans le Lubéron et aller voir le fameux Sentier des ocres de Roussillon ? On vous dit tout ce qu’il faut savoir sur ce site exceptionnel…

Le village de Roussillon

Le départ du Sentier des ocres se situe en plein cœur du village de Roussillon. Nous vous conseillons vivement de vous y arrêter pour en faire une étape à part entière de votre excursion ! Le village n’est pas grand, mais il est charmant : comme son nom l’indique, ses maisons et bâtiments (l’Eglise et la mairie, notamment) sont tous de teinte rouge, orangée ou ocre. Si vous avez l’habitude de vous balader en Provence, vous retrouverez à Roussillon les mêmes petites rues que dans la plupart des petits villages de la région, souvent bordées de galeries d’artistes et artisans d’art. Vous pouvez aussi vous arrêter boire un verre sur l’une des quelques placettes du village.

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Photo : Claire Feuardant

Le Sentier des ocres

On ne peut pas rater l’entrée du site : elle se situe au sommet du village et offre une vue à couper le souffle sur le massif des ocres. Pour la petite histoire, le sentier a été aménagé dans d’anciennes carrières au cœur du gisement d’ocre le plus important au monde. Et le résultat est impressionnant : du jaune clair au rouge, ces falaises aux formes insolites arborent toutes les teintes de l’ocre.
Cette couleur particulière est due à la présence d’oxyde de fer, pigment naturel qui s’est déposé à la surface du massif suite à un phénomène géologique complexe (vous en trouverez une explication très claire sur le site de l’office du tourisme de Roussillon).
Une légende en donne une interprétation plus imagée (et légèrement plus glauque…) : Dame Sermande se serait jetée du haut de la falaise après avoir appris que son époux, Raymond d’Avignon, venait de lui faire manger le cœur de son amant Guillaume de Cabestan. Depuis ce jour, les terres de Roussillon seraient colorées par son sang…

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Photo : Claire Feuardant

Le Sentier permet aux visiteurs de circuler parmi les carrières, où la végétation verdoyante contraste magnifiquement avec les couleurs du massif.
L’entrée coûte 2,50€ par adulte, ou bien 7,50€ si vous voulez aussi visiter l’usine d’ocres Mathieu. Le visiteur a le choix entre deux itinéraires : le plus court dure 30 minutes tandis que le plus long dure 1 heure. Nous vous conseillons de prendre le chemin le plus long : c’est exactement le même itinéraire que le court, mais avec une boucle en plus. Pour le même prix, autant en profiter…

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Photo : Claire Feuardant

Nos conseils :

  • Si vous en avez le courage et l’occasion (ce qui n’a malheureusement pas été notre cas…) allez-y très tôt pour pouvoir admirer le lever de soleil sur les ocres. A cette heure de la journée, les couleurs sont, paraît-il, encore plus sublimes ! Vous pourrez admirer l’ensemble du site depuis le point de vue situé à proximité de l’entrée du sentier.
  • Prévoyez des baskets ou de vieilles tennis que vous n’aurez pas peur de salir : vos chaussures seront bien vite recouvertes de pigments ocres. Si la couleur part au lavage ou en frottant, elle n’en reste pas moins très voyante.

Où se garer ?

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Photo : Claire Feuardant

Question cruciale que vous vous posez certainement ! Plusieurs parkings payants sont à la disposition des touristes venus visiter le Sentier des ocres. Vous pouvez choisir de vous garer en bas du village (un bon prétexte pour visiter Roussillon !) mais attention : il faudra grimper pour vous rendre jusqu’au site 😉 Pour les plus paresseux, un autre parking est situé juste devant l’entrée du sentier touristique. Evitez toutefois les jours et heures d’affluence, où il est évidemment beaucoup plus difficile de trouver une place (d’où l’intérêt d’y aller en septembre…).

Vous l’aurez compris, le Sentier des ocres de Roussillon vaut le détour, et c’est maintenant que vous en profiterez le mieux !

Si vous êtes en Provence, pourquoi ne pas profiter d’une balade dans la nature pour aiguiser votre sens artistique ? Lisez notre article « Quand art et nature ne font qu’un en Provence… » pour en savoir plus.

Quand art et nature ne font qu’un en Provence…

On ne le dit jamais assez : la Provence regorge de coins magnifiques où passer une agréable journée sous le soleil et en pleine nature. Parmi ces havres de paix privilégiés, le Château La Coste et la Commanderie de Peyrassol font à coup sûr l’unanimité chez les vinophiles, les amateurs d’art, les amoureux de la nature et les passionnés de gastronomie française.

Le parcours d’architecture du Château La Coste

Le Château La Coste est un véritable plaisir pour les yeux. A une quinzaine de kilomètres d’Aix-en-Provence, la propriété est située en plein cœur d’un paysage naturel typiquement provençal : entre les vignes qui s’étendent à perte de vue se dressent des oliviers, des cyprès et des pins. Le Château La Coste produit évidemment ses propres vins : des rouges, des blancs et, bien sûr, des rosés, puisque l’on est en Provence ! Les amateurs de vin pourront les goûter dans les différents restaurants du domaine, ou bien les acheter en boutique.

Si vous n’y connaissez rien au vin, ne passez pas votre chemin pour autant ! Le Château La Coste est aussi un véritable paradis pour les passionnés d’art et d’architecture. Le « centre d’art », qui est en fait le bâtiment où se trouvent l’accueil, la boutique, la librairie, le restaurant et un café porte bien son nom : conçu par l’architecte japonais Tadao Ando, il est une véritable pièce d’art. Ses murs parcourus de grandes vitres sont prolongés par une étendue d’eau dans laquelle se reflètent le ciel, les arbres… et l’une des célèbres araignées en bronze de Louise Bourgeois, que ceux qui sont déjà allés à la Tate Modern de Londres ou au Musée Guggenheim de Bilbao reconnaîtront.

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« Crouching spider » de Louise Bourgeois. Photo : Alice Feuardant

A l’aide d’un plan du domaine donné à l’accueil, le visiteur est amené à découvrir les différentes œuvres d’art en suivant un chemin à travers les vignes et les pins. Le parcours dure environ deux heures (pensez à mettre de bonnes chaussures !) et offre à certains endroits une vue à couper le souffle. Il est également assez ludique : la plupart des œuvres sont 100% interactives et jouent avec nos sens, que ce soit le toucher (« Multiplied resistance screened » de Liam Gillick), l’ouïe (« Meditation bell » de Paul Matisse), ou la vue (« Oak room » d’Andy Goldsworthy et « Self-portrait : Cat inside a barrel » de Tracey Emin).

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Photo : Alice Feuardant

De grands architectes lauréats du Prix Pritzker (le « nobel » d’architecture) ont participé à la création de ce lieu hors du commun. Le pavillon d’exposition a été réalisé par Renzo Piano (Centre Pompidou à Paris, Fondation Beyeler à Riehen/Bâle, Centre culturel Tjibaou à Nouméa…) ; le pavillon de musique par Frank Gehry (Fondation Louis Vuitton à Paris, Musée Guggenheim à Bilbao, Walt Disney Concert Hall à Los Angeles…) ; et enfin les chais de vinification ont été conçus par Jean Nouvel (Philharmonie de Paris, Torre Agbar à Barcelone, One Central Park à Sydney).

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Le pavillon de musique de Frank Gehry. Photo : Alice Feuardant

L’entrée coûte 15€ (12€ pour les étudiants). Pour plus d’informations, rendez-vous ici.

Le parc de sculptures de Peyrassol

Située à Flassans-sur-Issole sur le Massif des Maures, la Commanderie de Peyrassol a été fondée au XIIIème siècle par l’Ordre des Templiers, dont les symboles sont présents tout au long de la visite. Ici aussi, les vins produits sont blancs, rouges et rosés : il est possible de les goûter à la boutique avant d’acheter. Si les vins vous intéressent, n’hésitez pas à vous rendre sur le site web du domaine, où vous trouverez tous les détails concernant les différentes gammes.

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Photo : Alice Feuardant

Comme le Château La Coste, la Commanderie de Peyrassol se trouve en plein cœur d’un paysage naturel idyllique, où les vignes côtoient les oliviers et les chênes. Son parcours d’art, beaucoup moins étendu que celui du Château La Coste, n’en reste pas moins intéressant. Le parc de la Commanderie constitue l’une des plus belles collections d’art contemporain à ciel ouvert, la grande majorité des œuvres étant des sculptures. On retrouve là aussi des noms connus : Daniel Buren (« Les Deux Plateaux » au Palais Royal de Paris), Jean Dubuffet, Antoni Tapies, Cesar, Ben, Victor Vasarely, Franco Adami… La plupart des œuvres s’intègrent parfaitement dans le paysage, si bien que nous vous conseillons vivement de suivre le plan donné à l’entrée afin d’être sûr de ne pas en manquer !

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« Floating Red Form » de Keiji Uematsu. Photo : Alice Feuardant

L’entrée coûte 8€. Pour plus d’informations, rendez-vous ici.

« For what it’s worth », une expo qui donne le ton à la Villa Tamaris

Alors que nous étions de passage à La Seyne-sur-Mer (83), nous avons décidé sur un coup de tête de nous arrêter au Centre d’art Villa Tamaris, bien que nous ne sachions pas du tout quelles étaient les expositions en cours. Notre curiosité a été récompensée, puisque nous avons eu un véritable coup de cœur pour l’exposition For what it’s worth de Daniel Chaland. Coup de coeur que nous tenions naturellement à partager 😉 !

Pour commencer, quelques mots de biographie… Daniel Chaland est un artiste français né en 1956 qui vit et travaille aujourd’hui dans le sud de la France. Il exposa son travail pour la première fois dans les années 1980 puis enchaîna les expositions tout au long de sa carrière et jusqu’à aujourd’hui, principalement en Provence-Alpes-Côte-D’azur (à l’exception d’une exposition au Coriander Studio de Londres en 1993).
De galeries en festivals, en passant par les médiathèques et les centres d’art, Daniel Chaland a affirmé son appartenance à la figuration narrative, courant artistique né au début des années 1960 en réaction à l’abstraction dans l’art contemporain et au pop art. Et effectivement, le travail de Daniel Chaland s’inscrit dans une vision spécifique de l’art, mais aussi dans sa propre perception du monde, puisqu’il utilise ses toiles pour raconter une histoire, qu’il n’hésite pas à ancrer dans l’Histoire – avec un grand H ! – d’où le qualificatif d’art « narratif ».
« Il y a ceux qui regardent le monde tel qu’il est et se demandent pourquoi et ceux qui imaginent le monde tel qu’il devrait être et qui se disent : pourquoi pas ? » dit-il. Lui fait incontestablement partie de la deuxième catégorie.

L’exposition à la Villa Tamaris présente 14 toiles inédites autour de la musique « pop » de la fin des années 60. Sur ces toiles, on peut lire les titres ou les paroles de chansons qui sont bien ancrées dans l’imaginaire collectif : on y retrouve Jimi Hendrix, Bob Dylan, Creedence Clearwater Revival ou encore Buffalo Springfield. A côté de chaque toile, on retrouve le vinyle correspondant, astuce très bien pensée qui permet à l’artiste de ne pas perdre ceux qui sont moins calés en musique !

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Nous avons été impressionnées par l’habileté avec laquelle Daniel Chaland reproduit ses visages. Lorsque l’on regarde la toile de loin, on devine une véritable expression et il est facile d’imaginer ce que ressent le personnage peint. Mais quand on s’approche de certaines toiles, on se rend compte que les visages ne sont en réalité que des lignes irrégulières, plus ou moins épaisses, et que c’est cette irrégularité qui leur permet d’imiter une expression spécifique.

En bref, si vous êtes dans la région, allez-y ! Comme toujours à la Villa Tamaris, l’exposition est gratuite. Vous trouverez toutes les informations nécessaires à votre visite (horaires, adresse) sur le site internet du centre d’art.

 

Daniel Chaland, For what it’s worth. Jusqu’au 17 septembre 2017 à la Villa Tamaris Centre d’art, La Seyne-sur-Mer.

Idée sortie : Une exposition à l’Abbaye de Maubuisson

Les sorties à faire autour de Paris pour s’évader le temps d’une journée ne manquent pas, à commencer par les endroits ultra-connus et, de ce fait, très touristiques (Disneyland Paris ou le château de Versailles, pour ne citer qu’eux !). En revanche, il est moins probable que l’on vous ait déjà conseillé de visiter l’abbaye Notre-Dame-la-Royale, dite de Maubuisson. Et pourtant, cette ancienne abbaye cistercienne aujourd’hui devenue un site d’art contemporain vaut le détour, que vous soyez passionné d’art, féru d’histoire ou amoureux de la nature.

Un peu d’histoire…

Fondée en 1236 par la reine Blanche de Castille, l’abbaye Notre-Dame-la-Royale fut rattachée à l’ordre cistercien en 1244. Comme l’indique son nom, elle était « réservée » aux classes les plus nobles : durant ses deux premiers siècles d’existence, elle remplit aussi bien le rôle de résidence princière que celui de refuge pour jeunes filles nobles et de nécropole royale. La plupart des religieuses de l’Abbaye étaient recrutées parmi de grandes familles aristocratiques.

L’abbaye Notre-Dame-la-Royale connut une très belle croissance, en particulier au cours du XVIIème siècle : grâce à un investissement d’argent important, le couvent et le parc se modernisèrent et, dans la deuxième moitié du siècle, les entrées étaient plus importantes que les décès, ce qui faisait croître le nombre des religieuses. Mais cet effectif chuta considérablement au XVIIIème siècle, entraînant le déclin progressif de Notre-Dame-la-Royale : en 1787, Louis XVI fit exiler l’abbesse et refusa à l’abbaye le droit de recevoir de nouvelles religieuses.

En 1793, l’abbaye devint un hôpital militaire avant d’être vendue quatre ans plus tard. Certains de ses bâtiments furent démolis, d’autres furent d’abord réquisitionnés pour divers usages (le logis abbatial abrita une filature pendant quelques années, avant de disparaître à son tour). En 1947, les bâtiments restants furent classés Monuments historiques et des travaux de consolidation furent engagés. Entre-temps devenue propriété du Conseil départemental du Val d’Oise, l’abbaye de Maubuisson a ouvert ses portes au public en 1987 : elle est aujourd’hui un centre d’art contemporain qui accueille des expositions et des manifestations artistiques.

En parlant d’art contemporain…

Actuellement et jusqu’au 27 août, l’abbaye de Maubuisson présente une exposition de l’artiste Stéphane Thidet intitulée Désert. Le travail de Stéphane Thidet est à mi-chemin entre la sculpture et l’installation. Dans cette exposition, il mêle ces deux techniques pour créer un univers bien particulier, qui emprunte des éléments de l’astrologie et de la géologie. L’exposition est découpée en quatre parties, que l’on suit dans un ordre spécifique :

  • L’installation sonore D’un soleil à l’autre. La pièce où elle se trouve est plongée dans le noir, mis à part une faible lumière qui provient de deux disques de métal censés représenter des astres. Grâce à une antenne installée dans le parc et qui capte les fréquences du champ magnétique du soleil et les renvoie à l’intérieur de la pièce, les deux disques de métal vibrent à la manière d’un gong et retransmettent ces fréquences, habituellement inaudibles à l’oreille humaine. Ces sons répétitifs associés à l’absence quasi complète de lumière créé une atmosphère très singulière, presqu’apaisante. Mais nous déconseillons cette pièce aux claustrophobes !
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Photo : Claire Feuardant
  • L’œuvre symbolique Insomnies. La salle du chapitre est occupée par des rangés de lits dont le matelas est traversé par des arbrisseaux de gattiliers. Cet arbre était utilisé au Moyen-Âge pour protéger les lieux sacrés des « plaisirs de la chair ». Une tradition qui remonte à l’Antiquité, où l’on disait que remplir son matelas avec du gattilier permettait aux prêtresses de rester pures.
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Photo : Claire Feuardant
  • L’installation in situ Un peu plus loin. Stéphane Thidet s’est inspiré d’un phénomène bien connu en Californie et que l’on ne parvient pas vraiment à expliquer : les rochers qui se déplacent à la surface du lac asséché Racetrack Playa. L’œuvre est composée de deux élements : une couche d’argile parcourue de fissures représentant le lac asséché et des pierres posées à sa surface, suivies de longues empreintes creusées dans l’argile comme si elles s’étaient déplacées.
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Photo : Claire Feuardant
  • La projection vidéo Half Moon. Réalisées dans le jardin de la Villa Montalvo à Saratoga, Californie, cette courte vidéo qui passe en boucle est filmée comme par une caméra de vidéosurveillance. L’atmosphère qui règne d’un bout à l’autre du film est plutôt angoissante : la scène se passe de nuit et montre une ribambelle d’animaux qui se baladent dans le jardin. On ne distingue aucune présence humaine mais on la devine, d’abord par le pique-nique qui a pu être abandonné ou bien laissé là exprès pour les animaux (à chacun son interprétation !), ensuite par les bruits lointains d’une sirène qui se joint au son strident et répétitif des grillons.

L’exposition nous a plu pour une multitude de raisons : les symboles, le travail de réflexion de l’artiste, le fil rouge entre quatre installations pourtant très différentes les unes des autres… à vous d’en trouver d’autres !

Pour les curieux, un film documentaire d’environ dix minutes est également projeté dans une autre pièce…

Informations pratiques

  • Abbaye de Maubuisson, Avenue Richard de Tour, 95310 Saint-Ouen-l’Aumône
  • Ouvert tous les jours de la semaine sauf le mardi, de 13h à 18h. Le week-end de 14h à 18h.
  • Accessible depuis Paris par le RER C en direction de Pontoise, arrêt Saint-Ouen-l’Aumône.
  • Exposition Désert jusqu’au 27 août 2017.

Les expositions à voir à Paris en mai

Vous êtes plutôt musique ? Plutôt mode ? Plutôt photo ? A Paris, vous trouverez toujours une exposition pour satisfaire votre soif d’apprendre ! Voici notre sélection des expositions du moment à voir absolument…

Pour les procrastinateurs : Kimono, Au bonheur des dames (Musée Guimet)

KIMONO-GuimetVous faites partie de ceux qui attendent toujours le dernier week-end pour aller voir une expo ?Alors c’est le moment d’aller voir l’exposition temporaire du Musée Guimet, Kimono, Au bonheur des dames ! Pourquoi ne pas profiter de la Nuit des Musées ce soir pour aller y jeter un œil ?

L’exposition est organisée autour de la collection de la maison Matsuzakaya : c’est la première fois que cette petite fabrique de kimonos de Nagoya, fondée en 1611 et devenue depuis un grand magasin qui possède d’immenses bâtiments à Tokyo, expose en France.

Kimono, Au bonheur des dames est organisée en trois temps. La première partie est consacrée à l’histoire du kimono : ses influences (saviez-vous que le kimono, à l’origine, était inspiré d’un vêtement traditionnel chinois ?), sa fabrication, la place qu’il occupe dans la société japonaise et son évolution depuis l’époque d’Edo jusqu’à aujourd’hui. On y apprend entre autres que le kimono est porté par tout le monde, quelle que soit sa classe sociale : ce qui distingue un samouraï d’un aristocrate, par exemple, n’est pas la coupe (invariablement en forme de T), mais le décor et la qualité du tissu.KIMONO-Guimet-2

Ensuite, une salle est consacrée aux différents accessoires du kimono, notamment la ceinture et les épingles et peignes à cheveux. On y apprend entre autres que la ceinture (obi), très lourde et contraignante, possède des dimensions impressionnantes : 5 mètres de long sur 35 cm de large !

La troisième partie de l’exposition montre l’influence de cet habit traditionnel sur la mode française. Ce n’est qu’au milieu du 19ème siècle qu’apparait le « japonisme » en France, à travers les créations de couturiers tels que Paul Poiret ou Madeleine Vionnet. Aujourd’hui, le kimono envahit les podiums, sans cesse réinterprété : on découvre les pièces des japonais Kenzo Takada, Issey Miyake ou Yohji Yamamoto, mais aussi de couturiers occidentaux (Yves Saint-Laurent, John Galliano pour Dior, Jean-Paul Gaultier…)

Le + : l’exposition est très bien illustrée : au total, plus de 150 pièces sont exposées. Nous avons été bluffées par le catalogue de motifs (c’est magique de voir le motif dessiné puis reproduit sur le kimono !).

Kimono, Au bonheur des dames, au Musée Guimet. Jusqu’au 22 mai.
Tarif : 9,5€ tarif plein ; 7€ tarif réduit
Horaires : Tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h.

Pour les passionnés de musique : Jamaica Jamaica ! (Philharmonie de Paris)

Musiciens et mélomanes, direction la Cité de la Musique ! En ce moment, la Philharmonie de Paris nous fait voyager en Jamaïque. Jamaica Jamaica ! retrace le parcours culturel, politique et musical de cette petite île des Caraïbes, un parcours singulier qui lui a permis de se faire une place dans le paysage musical international. Construite en 7 parties chronologiques (ne vous laissez pas effrayer par la frise qui débute l’expo !) et thématiques, l’exposition nous rappelle que la Jamaïque ne se réduit pas au reggae et à Bob Marley, en rendant hommage à tous ces styles musicaux qui ont posé les bases de bien des musiques actuelles et de la culture DJ.

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D’atelier en atelier, on découvre (et on écoute) le mento, héritage de l’époque coloniale, puis le ska, né de la rencontre entre musiques locales et jazz ou R’n’B américain. Ce n’est qu’à la fin des années 60, alors que la Jamaïque obtient son indépendance, que le reggae fait son apparition, nourri de ces diverses influences musicales. Il donnera naissance à de nombreux autres styles musicaux (rocksteady, dub, dancehall…), qui se répandront peu à peu dans le monde entier grâce aux stations de radio, aux premiers studios d’enregistrement, et aux fameux « sound system ». Vous connaissez la suite…

Le + : l’interactivité. L’exposition est illustrée par une impressionnante collection d’images et de films rares et propose de nombreux ateliers, comme cette salle où on peut remixer des tubes jamaïcains ! Nous qui n’écoutons habituellement pas de reggae, nous nous sommes laissées envoûter par l’univers musical remarquable de la Jamaïque.   

Pour prolonger l’expérience : L’exposition possède sa propre radio, Radio Jamaica !, disponible en ligne et en application. On vous conseille d’y faire un tour ! Vous y découvrirez sans aucun doute quelques pépites…

Jamaica Jamaica ! à l’Espace dʼexposition de la Philharmonie. Jusqu’au 18 août.
Tarif : 10 € tarif plein ; 5€ à 8€ tarif réduit.
Horaires : Du mardi au jeudi de 12h à 18h ; le vendredi de 12h à 22h ; le samedi et le dimanche de 10h à 20h.

Pour les fashion victimes : Balenciaga, L’œuvre au noir (Musée Bourdelle)

On entend beaucoup parler de Dalida, une garde-robe de la ville à la scène, qui présente une centaine de robes et tenues de la chanteuse. Mais que les passionnés de haute couture se rassurent, le Palais Galliera propose une autre exposition hors les murs au Musée Bourdelle, avec moins de strass et plus de sobriété : Balenciaga, L’œuvre au noir.

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Dans le cadre de sa saison espagnole, le Palais Galliera rend hommage au grand couturier espagnol Cristóbal Balenciaga, à travers une exposition monochrome qui se mêle aux sculptures d’Antoine Bourdelle. Après quelques croquis de Balenciaga, le visiteur découvre les magnifiques pièces du couturier, inspirées du folklore espagnol, à la fois minimalistes et complexes.

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Photo : Claire Feuardant

Dans la première partie de l’exposition, intitulée « Silhouettes et volumes », on apprend que Balenciaga a créé des silhouettes qui seront par la suite adoptées par le monde de la haute couture : les lignes tonneau ou ballon, la tunique, la robe-sac… Dans la deuxième partie, « Noirs & Lumières », le noir prend toutes les teintes possibles, sublimé par la lumière : il est tour à tour mat ou brillant, opaque ou transparent. Enfin, dans la troisième partie de l’exposition, « Noirs & Couleurs », les vêtements s’enhardissent d’une touche de couleur, souvent rose (comme les rayures d’un manteau ou le nœud d’une robe). L’univers de Balenciaga repose sur des silhouettes sans cesse réinventées, des jeux de lumière, de couleurs, de matières (soie, taffetas, satin, dentelle). Des robes du jour aux robes du soir, des accessoires aux boléros, manteaux et capes, chaque pièce est unique : Balenciaga réussit le pari de créer autant de silhouettes que de pièces à partir d’une seule couleur : le noir.

Le + : Le Musée Bourdelle, charmant petit musée du 15ème arrondissement, met en scène les pièces de Balenciaga en les faisant dialoguer avec les sculptures. Nous avons été impressionnées par l’immensité des sculptures du grand hall des plâtres, qui donne une impression quasi-mystique aux vêtements exposés ici et là.

Pour prolonger l’expérience : N’hésitez pas à faire un tour dans les ateliers de Bourdelle et dans la petite cour extérieure !

Balenciaga, L’œuvre au noir, au Musée Bourdelle. Jusqu’au 16 juillet.
Tarif : 11 € tarif plein ; 8€ tarif réduit.
Horaires : Du mardi au dimanche de 10h à 18h.

Pour les photographes : Don Mc Cullin, Looking East

Tout amateur de photos se doit de connaître Don McCullin. Après une enfance passée dans un quartier pauvre de Londres, ce passionné de photo s’est d’abord démarqué pour ses reportages poignants dépeignant la misère des banlieues de la ville, avant de se lancer dans le reportage de guerre. En 1964, son reportage sur la guerre civile à Chypre est récompensé du grand prix World Press Photo. Ses photos des conflits au Vietnam, au Liban ou au Biafra resteront emblématiques de la violence des guerres du 20ème siècle. Parmi ses multiples talents (il développe lui-même toutes ses photos), Don McCullin a un don indéniable pour capter l’instant présent. Il se met à la hauteur de son sujet avec la position humble du photographe caméléon, obtient son accord tacite avant d’appuyer sur le déclencheur.  

Don McCullin
Ghaziveram, Chypre. Femme turque en deuil après que son mari ait été tué durant la Guerre civile de Chypre entre les chypriotes grecs et les chypriotes turcs (20/03/1964, World Press Photo of the Year)

Avec son exposition Looking East, La Galerie Folia présente des images méconnues de Don McCullin, captées au cours de ses pérégrinations au cœur des civilisations de l’est. Certaines photos sont paisibles (comme celle des indiens photographiés durant la Kumbh Mela, pèlerinage hindou), d’autres plus tragiques (comme celle d’une famille libanaise dans un cimetière), mais toutes ont en commun leur intensité dramatique. 

Le + : A voir sans modération, l’entrée est gratuite ! 

Don McCullin, Looking East, à la Galerie Folia. Jusqu’au 27 mai 2017.
Horaires : Du mardi au vendredi de 13h à 19h, et le samedi de 11h à 19h.

Nous avons testé pour vous : Les Bols de Jean

Parce que ça fait longtemps que nous n’avons pas parlé de nos restaurants coup de cœur, aujourd’hui nous allons vous faire découvrir le concept original des Bols de Jean ! Nous avions entendu parler de cette adresse depuis quelques temps déjà et, séduites par l’idée, nous avons décidé de la tester… nous n’avons pas été déçues !

D’abord implanté à San Francisco, puis à Londres et enfin à Paris, ce restaurant nous fait découvrir des plats du chef cuisinier Jean Imbert, formé à l’Institut Paul Bocuse, gagnant de Top Chef en 2012, et chef de son propre restaurant L’acajou à Paris. Chez Les Bols de Jean, tout se mange. Chaque plat est servi dans un pain au levain du célèbre boulanger Eric Kayser, légèrement brioché et toasté à l’huile d’olive, ce qui lui donne une texture particulière : croustillant à l’extérieur et moelleux à l’intérieur, c’est une merveille !
Petit + : le pain est encore meilleur lorsqu’on le mange à la fin et qu’il a eu le temps de « s’imbiber » des saveurs et des sauces du plat !

En plus du concept original, Les Bols de Jean a le mérite de mettre à l’honneur des recettes healthy et savoureuses. On prend plaisir à manger des légumes 😉 ! Les menus changent régulièrement en fonction des saisons. Au moment où nous y sommes allées, nous avions le choix entre cinq recettes à des prix très abordables :

  • Le bol végétal (risotto de céleri au parmesan, tombée de pousses d’épinards, poêlée de champignons et poireaux frits) – 8,90€
  • Le bol du moment (purée de carottes, poulet snacké, romaine au miel et sésame, disque de carottes) – 12,90€
  • Le bol retour du marché (purée de patate douce, crevettes sautées, sauce soja/gingembre/citron, mesclun, granny smith et poivrons) – 11€
  • Le bol du chef (bœuf haché d’Aubrac sauce tomates, compotée d’aubergines et oignons, béchamel gratinée à l’emmental) – 13,50€
  • Le bol de Bretagne (salade de sarrasin, jambon à l’os, comté, œuf mollet et mousse de lard) – 13,50€

Vous pouvez retrouver les menus sur le site internet.
Pour notre part, nous avons adoré le bol végétal ! Mais nous vous conseillons vivement d’aller y faire un tour pour vous forger votre propre opinion…