Voyage en Tasmanie : le centre et la côte ouest

Dans notre précédent article sur la Tasmanie, nous vous avions parlé de la capitale, Hobart, et de la côte est. La côte ouest est plus sauvage, avec des paysages à couper le souffle entre montagnes et forêts. Elle est aussi moins touristique : beaucoup de voyageurs se concentrent sur la côte est et ses magnifiques plages et vont jusqu’à Cradle Mountain dans le centre de l’île, mais peu s’aventurent jusque dans le nord-ouest. Et pourtant, il y a beaucoup de choses à voir ! On vous en parle dans cet article.

Mt Field National Park

Le Mount Field National Park est le premier parc national à avoir été créé en Tasmanie. C’est aussi l’un des plus visités, car il est très accessible (à seulement 1 heure de route de Hobart). Plusieurs courtes marches partent du Visitor Center, comme celle qui mène aux Russell Falls (20 minutes), ou la Tall Trees Walk, qui nous fait découvrir le plus grand Eucalyptus regnans (Swamp gum) du monde, haut de 30 mètres.

Mount Field National Park Tasmanie
Mount Field National Park – Photo : Claire Feuardant
Russell Falls Mount Field National Park Tasmanie
Russell Falls, Mount Field National Park – Photo : Claire Feuardant

L’ouest de la Tasmanie

La partie ouest de la Tasmanie est beaucoup plus sauvage que la partie est, et donc plus préservée. On y trouve de nombreux parcs nationaux, comme le Franklin-Gordon National Park et le Cradle Mountain-Lake St Clair National Park, mais aussi de petites villes pittoresques, comme l’ancienne ville minière de Queenstown ou le port de Strahan.

Franklin-Gordon National Park

Le long de la Lyell Highway, qui relie Hobart à Queenstown, on trouve de nombreux points d’entrée dans le parc. Si vous n’avez pas le temps d’explorer le parc, vous pouvez toujours opter pour de courtes marches au départ de l’autoroute, qui vous donnent un aperçu des alentours de la Gordon River.

Entre Derwent Bridge et  Queenstown, nous avons suivi une petite marche (1,4 km soit 20 minutes aller-retour) jusqu’aux Nelson Falls. Le sentier serpente entre les fougères dans la forêt tropicale jusqu’à la cascade, magnifique surtout après quelques jours de pluie. Cette marche fait partie des Tasmania’s 60 Great Short Walks.

Queenstown

L’ancienne ville minière de Queenstown est la plus grande ville de l’ouest de la Tasmanie. Au début des années 1900, à l’âge d’or des mines de cuivre en Tasmanie, Queenstown était considérée comme la ville minière la plus riche du monde ! Le paysage autour de la ville détonne avec le reste de la Tasmanie, avec un côté un peu lunaire.

Queenstown Tasmanie
Queenstown – Photo : Claire Feuardant

Depuis la route, on peut accéder à de nombreux points de vue, notamment l’Iron Blow Lookout près de la ville fantôme de Gormanston. L’Iron Blow est le premier site minier établi dans le Mount Lyell en 1883 : alors que les premiers mineurs y avaient découvert de l’or, ce fut finalement le cuivre qui fit le succès de ce site minier d’envergure.

Iron Blow Lookout Queenstown Tasmanie
Iron Blow Lookout, Queenstown – Photo : Claire Feuardant

En face de l’Iron Blow Lookout, on peut également emprunter un escalier en fer sur le flanc de la montagne pour observer les Horsetail Falls.

Queenstown-Horseshoe-Falls-Tasmanie©Claire-Feuardant
Le chemin jusqu’au point de vue sur les Horsetail Falls, à flanc de montagne ! – Photo : Claire Feuardant

A Queenstown, Il est possible de visiter une ancienne mine ou de monter à bord du West Coast Wilderness Railway, un train à vapeur sorti tout droit du début du 20ème siècle reliant Queenstown au port de Strahan sur 35 km. Cette expérience touristique consiste en un voyage à travers des paysages auxquels on ne peut pas accéder en voiture, ponctué de récits sur le passé minier de la région et de nombreuses expériences (dégustation de miel, randonnées dans la forêt tropicale, démonstrations de recherche d’or…).

Strahan

Strahan est la ville la plus proche de Queenstown sur la côte ouest de la Tasmanie. Ce petit village est complètement isolé, mais il offre quand même un intérêt touristique puisque c’est le point de départ de la croisière sur la Gordon River (Gordon River Cruises). Cette croisière part à la découverte du passé de colonie pénitentiaire de l’île, en passant par les Hells Gates (Portes de l’Enfer). Hells Gates le nom que l’on donne à l’embouchure de Macquarie Harbour réputée pour sa dangerosité, et aussi le point d’entrée des bagnards condamnés à séjourner sur Sarah Island (base de la Macquarie Harbour Penal Station) au début du 20ème siècle.

Strahan Tasmanie
Strahan – Photo : Claire Feuardant

Sarah Island était réservée aux criminels les plus dangereux, à ceux qui avaient déjà été emprisonnés dans la terre de Van Diemen, ou encore à ceux qui s’étaient échappés et avaient été rattrapés. Sarah Island est entrée dans la légende pour les conditions atroces dans lesquelles vivaient les prisonniers : en 6 ans de colonie pénitentiaire,  156 tentatives d’évasion avaient déjà eu lieu, dont la moitié échoua avec la mort des fugitifs. On raconte également que parmi les groupes fugitifs, certains finirent par recourir au cannibalisme pour survivre à l’environnement hostile de Macquarie Harbour… Toutefois, certains fugitifs réussirent à s’échapper pour de bon, dont le célèbre Matthew Brady (« gentleman Brady »), mis à l’honneur plusieurs fois au Penny Royal Launceston.

Cradle Mountain

Le parc national de Cradle Mountain-Lake St. Clair possède deux entrées : l’une au sud du parc, près de la ville de Derwent Bridge, pour voir le Lac St. Clair, et l’autre au nord du parc, le point de départ de la plupart des randonnées.

Le Lac St. Clair

Au départ de l’entrée sud du parc, on peut emprunter le Platypus Bay Trail, une randonnée de 5 km sur les rives du lac St. Clair (le plus profond de Tasmanie). Il est préférable de faire cette randonnée à la tombée de la nuit ou au lever du jour pour avoir plus de chances de voir des ornithorynques (platypus) ! Malheureusement, nous avons suivi la randonné aux alentours de 8-9h et nous n’avons vu aucun ornithorynque…

Lac St Clair Tasmanie
Le Lac St Clair – Photo : Claire Feuardant
Platypus Bay Tasmanie
La randonnée de Platypus Bay – Photo : Claire Feuardant

L’entrée nord du Cradle Mountain National Park

Au départ de l’entrée nord du Cradle Mountain National Park, il y a beaucoup plus de choix de randonnées. On vous conseille d’y consacrer une journée entière ! Nous avons opté pour le circuit Dove Lake (un circuit de 6 km, soit 2-3 heures, autour du lac Dove) et la Enchanted Walk (1,1 km soit 20 minutes) à travers la forêt tropicale. Vous pouvez également grimper jusqu’au Marions Lookout, qui offre une vue à couper le souffle sur le Dove Lake, ou même enchaîner le circuit du Dove Lake et le lookout (10 km, soit 3-4 heures). Avec un peu de chance, vous pourrez croiser au cours de vos randonnées des ornithorynques, des échidnés ou des wombats (fréquents dans le parc en début de matinée ou en fin d’après-midi).

Dove Lake Cradle Mountain Tasmanie
Vue sur le Dove Lake – Photo : Claire Feuardant
Dove Lake Cradle Mountain Tasmanie
La randonnée Dove Lake Circuit – Photo : Claire Feuardant

Pour accéder au parc, vous devez acheter un pass. Depuis le 1er mai 2020, le pass est à 25 AUS$ (14,31 €). Vous pouvez vous garer au parking principal et prendre la navette (inclue dans le pass) pour rejoindre le point de départ des randonnées, ou y aller en voiture (attention à laisser le pass en vue sur votre tableau de bord).

L’Overland Track pour les plus sportifs

L’Overland Track est l’une des randonnées les plus connues d’Australie. Cette randonnée de 65 km (soit environ 6 jours) relie la vallée de Cradle Mountain au Lac St. Clair, une véritable immersion dans la « western wilderness » (partie de la Tasmanie classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO). Chaque année, près de 8 000 marcheurs viennent des 4 coins du monde pour explorer le Cradle Mountain-Lake St. Clair à pieds.

Le chemin permet de découvrir les rives des lacs de montagne mais aussi les sommets de la Cradle Mountain et du Mount Ossa (1 617 m de haut), avec des points de vue à couper le souffle sur tout le parc national, qui font oublier la montée. Les marcheurs les plus curieux pourront suivre des petits détours tout au long du chemin et pourront croiser des wombats, des possums, des pademelons, des échidnés, des ornithorynques et même, avec un peu de chance, des diables de Tasmanie…

Le gouvernement a mis en place un système très ingénieux pour éviter la foule sur l’Overland Track, surtout en été : un maximum de 60 randonneurs par jour est autorisé. En haute saison (1er octobre au 31 mai), vous devrez vous acquitter de 200 AUS$ par personne (environ 115 €), et vous devrez suivre le chemin du nord au sud. Pensez à réserver votre place en avance (les inscriptions commencent en juillet pour la saison octobre à mai) ! Vous pouvez aussi choisir de suivre la randonnée en hiver (1er juin au 30 septembre), mais les conditions seront beaucoup plus difficiles (froid, pluie, neige…).

Quelle que soit la saison, préparez-vous bien à cette longue randonnée et apportez tout le nécessaire (matériel de camping, provisions, couvertures, vêtements imperméables, crème solaire…). Des huttes sont disponibles tout au long du chemin pour se réfugier en cas de pluie ou de neige, avec des réservoirs d’eau de pluie (potable) pour vous réapprovisionner en eau.

Voir des diables de Tasmanie dans une réserve

Si vous voulez voir des diables de Tasmanie, on vous conseille la réserve Devils@Cradle, située juste à côté de l’entrée nord du parc national. Nous y sommes allées à l’ouverture, le matin, et nous avons pu observer les animaux en toute tranquillité.

Diable de Tasmanie - Photo : Claire Feuardant
Le Diable de Tasmanie – Photo : Claire Feuardant
Diable de Tasmanie
Le Diable de Tasmanie – Photo : Claire Feuardant

Le diable de Tasmanie est endémique à l’île, mais malheureusement, il est classé « En danger » par l’UICN. En effet, depuis 1996, cette espèce est touchée par la tumeur faciale transmissible du Diable de Tasmanie (DFTD), un cancer de la face qui aurait déjà tué la moitié de la population depuis son identification. A cela, il faut ajouter les morts sur la route, qui touche environ 1 à 2 % de la population des diables de Tasmanie.

Diable de Tasmanie
Le Diable de Tasmanie crie pour intimider ses rivaux. C’est d’ailleurs pour son cri strident et un peu effrayant qu’il a été surnommé ainsi par les premiers colons européens ! – Photo : Claire Feuardant

Observer les aurores australes sur le Dove Lake

Pour finir, Cradle Mountain est l’un des meilleurs endroits où observer des aurores australes en Tasmanie. On peut en voir toute l’année, et plus particulièrement en hiver (mai à août) et en septembre, lors de l’équinoxe du printemps. Si vous avez le temps, passez quelques nuits dans le parc. Attention de bien vous équiper pour camper : les nuits peuvent être froides en Tasmanie en hiver, surtout dans la montagne.

Cape Grim

A la pointe nord-ouest de la Tasmanie, le Cape Grim est réputé pour être l’endroit où l’on respire l’air le plus propre du monde. En effet, à l’ouest, l’océan s’étend sur 20 000 km sans rencontrer aucune terre, jusqu’aux côtes de l’Amérique du Sud ; et au sud, la terre la plus proche est l’Antarctique…

Logiquement, c’est à Cape Grim que s’est installée, en 1976, une station de mesure de pollution de l’air. Malheureusement, ce petit bout de terre n’échappe pas à l’augmentation de la pollution, venue de Melbourne, de Sydney, ou même de Chine. Le niveau de CO2 aujourd’hui relevé par les scientifiques à Cape Grim est équivalent à celui des grandes villes au début de la révolution industrielle…

Le nord-ouest de la Tasmanie

Au nord de la Tasmanie, la Bass Highway relie les villes de Stanley et Devonport, en passant par les principales villes de la côte nord (Wynyard, Burnie, Penguin). La côte nord est aussi appelée « Cradle coast » du fait de sa proximité avec Cradle Mountain.

Stanley

Stanley est l’un de nos coups de cœur de ce voyage en Tasmanie. Cet ancien village de pêcheurs a joué un rôle important dans l’histoire de la Tasmanie : c’est la première ville à avoir été reliée à l’Australie par un câble téléphonique sous-marin (entre Stanley et Apollo Bay) en 1936, établissant ainsi la première connexion téléphonique entre l’Australie et son Etat insulaire.

La principale curiosité de la ville est « The Nut ». Cette formation géologique est en fait formée par la lave solidifiée d’un ancien volcan (éteint depuis longtemps puisque The Nut avait déjà été observé en 1789 par les explorateurs Bass et Flinders !). On peut accéder au sommet de The Nut en grimpant la colline à pieds, ou en prenant le téléphérique. Un chemin fait ensuite le tour du volcan éteint, avec de magnifiques vues panoramiques sur la ville et sur la mer !

The Nut Stanley Tasmanie
La montée à pieds pour accéder au sommet de The Nut – Photo : Claire Feuardant
The Nut Stanley Tasmanie
Au sommet de The Nut – Photo : Claire Feuardant
The Nut Stanley Tasmanie
La vue sur le port depuis The Nut – Photo : Claire Feuardant
The Nut Stanley Tasmanie
La vue sur Stanley et Highfield depuis The Nut – Photo : Claire Feuardant

Les meilleurs points de vue sur The Nut sont la plage juste en-dessous (Godfreys Beach) et le Highfield Lookout. On vous conseille d’ailleurs de prendre la Green Hills Road qui passe à travers de magnifiques paysages.

The Nut Stanley Highfield Lookout Tasmanie
Vue sur The Nut depuis le Highfield Lookout – Photo : Claire Feuardant
Green Hills Road Stanley Tasmanie
Les paysages de la Green Hills Road – Photo : Claire Feuardant
Green Hills Road Stanley Tasmanie
Les paysages de la Green Hills Road – Photo : Claire Feuardant
Green Hills Road Stanley Tasmanie
La Green Hills Road et la vue sur la mer – Photo : Claire Feuardant

Prenez aussi le temps de vous promener dans le centre-ville de Stanley, et de goûter la spécialité de la ville, la Scallop Pie.

Stanley Tasmanie
Stanley – Photo : Claire Feuardant

Après Stanley, n’hésitez pas à aller faire un tour aux Dip Falls, la plus belle cascade de Tasmanie selon nous ! Deux points de vue sur la cascade permettent de bien observer ses roches particulières. Depuis le parking, on peut également aller observer Big Tree, un arbre impressionnant de 17 m de circonférence à la base du tronc.

Dip Falls Tasmanie
Dip Falls – Photo : Claire Feuardant
Dip Falls Tasmanie © Claire Feuardant
Les formations rocheuses des Dip Falls – Claire Feuardant

Table Cape

En continuant sur la Bass Highway vers l’est, on arrive à Wynyard. Si la ville n’a que peu d’intérêt en elle-même, nous vous conseillons de faire un détour à Table Cape.

Table Cape est un plateau de 180m d’altitude. Au printemps (septembre-octobre), on peut y observer de magnifiques tulipes de toutes les couleurs. Si vous n’êtes, comme nous, pas dans la bonne saison, vous pouvez toujours  vous rendre au lookout pour admirer la vue sur la côte. Vous pouvez aussi marcher jusqu’au Table Cape Lighthouse (30 minutes environ). C’est le seul phare que l’on peut encore visiter en Tasmanie. Renseignez-vous avant de planifier une visite car il n’est pas ouvert toute l’année !

Tasmanie Table Cape Lighthouse
Vue sur Table Cape Lighthouse – Photo : Claire Feuardant

Burnie

75 ans plus tôt, Burnie se lançait dans la production de papier, qui fit la richesse de cette petite ville de bord de mer : aujourd’hui, il s’agit de la 4ème ville de Tasmanie.

Si l’usine de papier a depuis été fermée, le Makers’ Workshop installé dans le Visitor Center propose des visites d’une demi-heure (15 $ par personne) pour apprendre comment est fabriqué le papier à partir de coton coloré, de denim, de pulpe de pomme, de lavande, de chanvre, et même de crottes de kangourou, de wombat ou de taureau ! A l’issue du tour, chacun peut fabriquer et remporter chez soi sa feuille de papier recyclé. Vous pouvez aussi acheter un pack de feuilles ou de chutes pour le scrapbooking dans l’Office de Tourisme.

Si vous vous logez à Burnie, vous pouvez en profiter pour aller observer les pingouins le soir ! Le Burnie Penguin Observation Centre propose des sorties gratuites avec un volontaire pour observer la colonie de pingouins de Burnie. Les sorties ont lieu au crépuscule tous les soirs entre le 1er octobre et le 31 mars.

Penguin

Comme son nom l’indique, la ville de Penguin est entièrement dédiée aux pingouins : statues, poubelles, poteaux, boutiques… Tout est à l’effigie des pingouins ! La statue de pingouin de 3 mètres de haut (The Big Penguin) a été érigée en 1975 pour le centenaire de la proclamation de la ville, le 25 octobre 1875.

The Big Penguin Tasmanie
The Big Penguin – Photo : Claire Feuardant

Si vous voyez une petite cabine téléphonique bleue sur la route le long de la plage, arrêtez-vous : c’est une librairie où vous pouvez échanger des livres ou en prendre un (très courant en Australie).

Leven Canyon

Depuis Penguin, vous pouvez rejoindre le Leven Canyon (45 minutes de route). Depuis le parking, des randonnées donnent accès à deux magnifiques points de vue sur le canyon, Cruickshanks Lookout et Edge Lookout, reliés par 697 marches (les Forest Stairs). Le Cruickshanks Lookout est une plateforme avec une vue impressionnante sur la Leven River en contrebas (275 mètres de haut) ; et Edge Lookout est situé plus bas.

Cruickshanks Lookout Tasmanie
Cruickshanks Lookout – Photo : Claire Feuardant
Leven Canyon Forest Stairs Tasmanie
Forest Stairs – Photo : Claire Feuardant

On vous conseille de commencer par le Cruickshanks Lookout (10 minutes de marche depuis le parking), puis de descendre les marches jusqu’à Edge Lookout avant de suivre la Fern Walk jusqu’au parking (15 minutes).

Devonport

Nous avons passé un peu de temps à Devonport en attendant le ferry. Si la ville en elle-même n’a pas beaucoup d’intérêt, la région regorge de choses à faire.

A Devonport, vous pouvez aller marcher sur Coles Beach et monter jusqu’au phare (Mersey Bluff Lighthouse), reconnaissable par ses rayures rouges verticales, pour admirer la vue sur la mer. Le soir de notre départ, nous avons pique-niqué ici en attendant le ferry et nous avons pu le voir arriver depuis le phare !

Phare de Devonport Tasmanie
Le phare de Devonport – Photo : Claire Feuardant

A Latrobe, les nostalgiques de l’Europe pourront faire un tour à la House of Anvers, une usine de chocolat belge où l’on peut acheter du chocolat, déguster de délicieuses gaufres accompagnées d’un chocolat chaud, observer la fabrication des spécialités à base de chocolat de la boutique, et visiter un mini-musée sur l’histoire du chocolat.

House of Anvers Latrobe Tasmanie
Breakfast à la House of Anvers à Latrobe – Photo : Claire Feuardant

A Sheffield, vous pourrez vous arrêter pour admirer les nombreuses fresques peintes sur tous les murs de la ville, notamment celles du Mural Park où l’on trouve les fresques qui se sont affrontées lors du concours annuel Mural Fest Painting.

Street art Sheffield Tasmanie
Street art à Sheffield – Photo : Alice Feuardant
Street art Sheffield Tasmanie
Street art à Sheffield – Photo : Alice Feuardant
Street art Sheffield Tasmanie
Peinture murale représentant un Diable de Tasmanie et un Thylacine (tigre de Tasmanie), disparu depuis 1936 – Photo : Claire Feuardant

A Elizabeth Town, vous pourrez goûter des produits locaux, comme les framboises de Christmas Hills Raspberry Farm, les fromages d’Ashgrove Cheese, ou les glaces de Van Diemens Land Creamery Cafe.

Enfin, à 1h de route de Devonport, les Liffey Falls valent le détour. Pour accéder aux cascades, vous avez le choix entre 2 randonnées : une de 45 minutes aller-retour depuis le « top car park », et une de 2 heures aller-retour depuis le « lower car park ». Nous avons opté pour la première.

Liffey Falls Tasmanie
Liffey Falls – Photo : Claire Feuardant
Liffey Falls Tasmanie © Claire Feuardant
Liffey Falls – Photo : Claire Feuardant

On vous donne bientôt tous nos conseils de visites en Australie. En attendant, restez connectés et allez faire un tour sur notre page Instagram !

PVT Australie : Quelles démarches à l’arrivée ?

Ça y est, vous avez votre visa et votre billet d’avion ! Tout est prêt pour votre départ en Australie et il ne vous reste plus qu’à décoller. Mais ne vous réjouissez pas trop vite : d’autres démarches administratives vous attendent à votre arrivée. On vous explique tout ce qu’il faut faire pour ne pas être perdu une fois sur le sol australien.

Obtenir un numéro de téléphone australien

La toute première chose à faire est d’obtenir un numéro de téléphone australien. Il vous sera demandé partout et pour n’importe quelle autre formalité administrative (par exemple, pour ouvrir un compte en banque). Si vous avez l’intention de chercher du travail, le numéro de téléphone australien est indispensable, d’abord parce que vous devez être capable de passer des appels, mais aussi parce que beaucoup d’employeurs ne veulent pas rappeler de numéro français pour ne pas payer plus cher.

De plus, vous aurez sans doute vite besoin d’utiliser Internet sur place, et faute de trouver une connexion Wi-Fi partout, il vaut mieux vous assurer de pouvoir avoir accès aux données mobiles sans vous surfacturer sur votre téléphone français.

Deux solutions s’offrent à vous : acheter une carte prépayée ou un forfait. Une carte prépayée peut être rechargée lorsque vous n’avez plus de données, tandis qu’avec un forfait vous paierez un certain montant pour un certain nombre de données chaque mois. Ne comptez pas trop sur un forfait à l’année : avec un visa WHV et sans contrat de travail de longue durée, vous avez peu de chance qu’on vous l’accorde.

Vous aurez le choix entre différents opérateurs, dont Optus, Vodafone ou encore Telstra. Ce dernier est réputé pour sa couverture réseau plus étendue que celle des autres opérateurs. C’est ce qui nous a décidées à nous tourner vers Telstra, et nous ne l’avons pas regretté. A part si vous comptez rester en ville durant toute la durée de votre séjour, vous verrez qu’il y a beaucoup d’endroits qui ne captent que Telstra, notamment dans l’Outback ou, de manière générale, en plein bush. Si vous vous servez de votre téléphone comme GPS, vous serez vite perdu s’il ne capte pas.

Nous avons donc choisi de prendre un forfait chez Telstra, que nous payons 40$ par mois. Nous avons pris quelque chose d’assez basique car nous avons également notre téléphone français, qui nous permet d’aller sur Internet et d’appeler la France.

Demander son TFN (Tax File Number)

Si vous avez l’intention de travailler en Australie, obtenir votre TFN est indispensable. Ce numéro est unique et il doit être communiqué à chacun de vos employeurs. Il permet de vous identifier auprès de l’ATO (Australian Taxation Office). En Australie, les impôts sont prélevés à la source et selon le travail que vous ferez et le salaire que vous recevrez, votre taux d’imposition sera différent. Mais si vous n’avez pas de TFN, vous serez imposé au taux maximal, à savoir 45%. Aussi, certains employeurs refuseront de vous embaucher si vous n’avez pas votre TFN !

Même si vous avez l’intention de voyager avant de commencer à travailler, nous vous conseillons quand même de faire votre demande de TFN dès votre arrivée. D’abord, parce que le délai d’obtention peut aller jusqu’à 28 jours et ensuite, parce que plus tôt les démarches administratives seront bouclés et mieux vous pourrez profiter de votre voyage.

PVT Australie Tax File Number
Pour travailler dans les fermes, vous aurez besoin du Tax File Number – Photo : Claire Feuardant

Pour demander votre TFN, il suffit de faire une demande en ligne sur le site de l’ATO. C’est rapide, gratuit et très facile. Ensuite, vous devriez recevoir votre TFN par la poste, mais si vous n’avez pas d’adresse postale (comme c’est souvent le cas quand on est backpacker !), vous pouvez toujours appeler le gouvernement australien au 13 28 61 afin de leur poser la question. Un conseil : pour ne pas perdre de temps au téléphone, gardez votre numéro de passeport et votre numéro de visa à portée de main.

Ouvrir un compte en banque australien

Disposer d’un compte bancaire australien vous sera indispensable si vous comptez travailler en Australie, notamment pour recevoir votre salaire par virement. Il existe trois principales compagnies de banque en Australie : Westpac, Commonwealth et Anz. Si vous en avez le temps et l’envie, vous pouvez aller demander des informations dans les trois banques et ensuite comparer les offres et prix. Mais pour ouvrir un compte courant basique, les services des trois banques restent assez similaires. Pour notre part, nous avons choisi de nous tourner vers Westpac.

Pour ouvrir un compte bancaire en Australie, c’est assez simple. Vous devez vous rendre à la banque et solliciter un rendez-vous avec un conseiller. Vous expliquerez que vous souhaitez ouvrir un compte dans le but de travailler en Australie. Il existe deux types de compte : le « Choice » correspond au compte courant tandis que le « E saver » correspond à un livret d’épargne. Pour rester un an seulement, seul le « Choice » est vraiment important selon nous.

Au moment de l’ouverture de votre compte, on vous demandera de fournir votre passeport, votre numéro de téléphone australien ainsi qu’une adresse postale où vous pourrez recevoir votre carte de débit. Si vous n’avez pas la possibilité de donner une adresse postale, on vous proposera d’attendre un certain délai (environ une semaine) avant de venir chercher votre carte directement à la banque.

Ensuite, il vous faudra également ouvrir un fonds de superannuation. La superannuation est une cotisation payée par l’employeur (à hauteur de 9,5% de votre salaire). Elle est payée en plus de votre salaire et elle est versée directement sur votre fonds de superannuation. Cette somme est donc mise de côté pour la retraite, mais rassurez-vous, elle n’est pas perdue si vous quittez l’Australie avant d’être retraité(e) ! En effet, il existe un moyen de récupérer l’argent de votre fonds de superannuation lorsque vous quittez le pays, en faisant votre demande auprès de l’ATO.

Avant de partir, nous avions souscrit en France à une option de banque internationale afin de pouvoir continuer à utiliser notre carte française en Australie sans frais. Cela nous a évité d’être obligées de transférer de l’argent sur notre compte bancaire australien d’ici notre premier salaire. Si vous en avez la possibilité, c’est selon nous la meilleure chose à faire. Mais si votre banque ne propose pas d’option internationale et que vous ne voulez pas en changer avant votre départ, alors vous devrez effectuer un transfert d’argent de votre compte français à votre compte australien afin de pouvoir disposer d’un moyen de paiement sur place. Cette opération peut se faire via des organismes comme Transferwise ou Transfermate, moyennant un délai et des frais. Comparez les taux de change, commissions et délais afin de choisir la meilleure option pour vous.

Trouver une adresse postale

Le principal souci que nous avons rencontré lors de nos démarches à l’arrivée en Australie est la difficulté à obtenir une adresse postale. En effet, il vous sera souvent demandé de fournir une adresse, que ce soit pour recevoir votre TFN et votre carte bancaire ou encore dans le cadre des démarches liées à l’achat de votre voiture. Mais la plupart des backpackers vivent provisoirement dans un hôtel ou une auberge de jeunesse avant de s’installer dans un van ou une voiture aménagée. Cela pose un problème pour l’adresse : si on bouge tout le temps, on ne peut pas recevoir de courrier.

Avant de partir, nous avions entendu parler d’un système de poste restante. Cela consiste à payer une somme mensuelle en échange d’une boîte postale dans un bureau de poste, où l’on peut aller récupérer son courrier dès que besoin. Cependant, nous sommes allées poser la question dans tous les bureaux de poste d’Adelaide et personne ne semblait au courant de cette pratique. Ce système existe sans doute dans d’autres villes mais il n’a jamais été mis en place à Adelaide. Pour toutes nos démarches administratives, nous avons finalement choisi de donner l’adresse de l’hostel que nous avions loué la première semaine, tout en sachant que nous n’allions pas y rester longtemps et que ce n’est pas forcément la manière la plus sécurisée de recevoir du courrier.

Acheter une voiture

Une fois que vous avez effectué toutes ces démarches, vous pourrez vous consacrer à l’achat de votre voiture. Il est assez facile de trouver des offres, quel que soit le type de véhicule que vous recherchez (van, voiture déjà aménagée avec un lit, voiture avec une tente de toit, voiture classique à aménager vous-même). Dans toutes les villes d’Australie, des centaines de backpackers rentrent en Europe chaque mois, vous n’aurez donc aucun souci à trouver des vendeurs. Si vous recherchez une voiture déjà aménagée ou un van, Facebook et Gumtree (l’équivalent australien de notre Leboncoin) sont de véritables mines d’or, mais vous pouvez aussi trouver des offres intéressantes dans l’hostel où vous logez ou bien en discutant avec d’autres backpackers. Si vous souhaitez acheter une voiture et l’aménager vous-même, vous pouvez également vous rendre chez des concessionnaires de véhicules neufs ou d’occasion (généralement rassemblés en périphérie des villes).

PVT Australie rego
Photo : Claire Feuardant

La Registration (ou « rego »)

Acheter une voiture est une procédure assez simple en Australie. La seule démarche un peu compliquée est la « registration » ou « rego ». Ce document obligatoire est un équivalent australien de notre carte grise : il sert à identifier votre véhicule et il est rattaché à votre nom ainsi qu’à l’un des Etats ou Territoires de l’Australie.

Si vous achetez un véhicule neuf et que vous devez l’immatriculer, vous devrez faire une première demande de rego(« new rego »). Si vous achetez un véhicule d’occasion qui est déjà immatriculé et donc possède déjà une rego, vous devrez faire un transfert de rego afin de la rattacher à votre nom.  Dans ce cas, vous avez 14 jours pour le faire, à compter de la date d’achat du véhicule. Il existe deux cas de figure : soit vous achetez un véhicule immatriculé dans l’Etat ou Territoire où vous vous trouvez, soit vous achetez un véhicule immatriculé dans un autre Etat ou Territoire.

Le premier cas de figure est le plus simple. Vous êtes déjà sur place, ce sera donc plus facile de faire votre transfert de rego. En effet, tandis que certains Etats autorisent le transfert de rego par correspondance ou par téléphone, d’autres vous obligeront à vous rendre dans l’un des bureaux du motor registry de l’Etat. Ainsi, si vous avez acheté un véhicule immatriculé dans le Western Australia ou le Victoria, vous pourrez effectuer le transfert par correspondance depuis n’importe où en Australie, c’est donc beaucoup plus avantageux pour vous. En revanche, si votre véhicule est immatriculé dans le South Australia, le New South Wales, le Queensland, la Tasmanie, le Nothern Territory ou l’Australian Capital Territory, vous serez obligé d’être sur place dans les 14 jours suivant l’achat afin d’effectuer le transfert de rego.

Si vous n’avez pas acheté un véhicule immatriculé dans l’Etat ou le Territoire où vous vous trouvez au moment de l’achat et que vous ne pouvez pas faire le transfert de rego en ligne, la solution la plus simple reste d’annuler la rego en cours et de refaire une nouvelle demande (« new rego ») avec une nouvelle immatriculation dans l’Etat ou le Territoire où s’est fait l’achat.

Chaque Etat ou Territoire impose ses propres conditions, notamment concernant l’assurance au tiers ou le contrôle technique. Pour en savoir plus, faites un tour sur cet article très détaillé du site PVTistes.net.

Au moment de faire les papiers pour la rego, vous pourrez choisir si vous voulez la faire durer trois mois, six mois ou un an. Lorsqu’elle arrivera à expiration, il vous suffira de faire une demande de renouvellement de rego. Celle-ci se fait par correspondance dans la plupart des Etats et Territoires.

L’assurance

L’assurance au tiers (« Compulsory Third Party Insurance ») est, comme son nom l’indique, obligatoire quand vous achetez un véhicule. Elle est de manière générale comprise dans la rego, mais en cas d’accident, elle ne couvrira pas tous les frais (par exemple, elle prend en charge les dommages corporels mais pas les dommages matériels). Il est donc recommandé de souscrire à une assurance complémentaire. Les plus connues sont AAMI et Allianz. Nous avions choisi AAMI, mais libre à vous de comparer les différentes offres pour vous faire votre propre opinion.

La Road Assistance

Vous pouvez également choisir de souscrire à un service de « road assistance » qui vous viendra en aide si vous tombez en panne, où que vous soyez en Australie. Par sécurité, nous avons choisi de souscrire à ce service parce que nous avons une voiture assez ancienne et donc plus sujette aux problèmes techniques, et surtout parce qu’en Australie, on peut parfois être obligé de rouler plusieurs centaines de kilomètres avant de trouver le premier garage !

Attentions aux arnaques !

Comme dans n’importe quel pays, acheter un véhicule à un particulier comporte plus de risques d’arnaques. Soyez vigilant lors de l’achat ! Le vendeur doit absolument avoir toutes les factures et reçus des précédentes révisions et réparations effectuées sur le véhicule, ainsi que le papier de la rego à son nom. Si vous n’êtes pas sûr de sa bonne foi, demandez à faire un « check » dans un garage agréé afin de vous assurer que le véhicule n’ait pas de défauts cachés.

Comme vous l’auriez fait pour n’importe quel achat de voiture d’occasion en France, demandez à conduire la voiture et écoutez attentivement si vous entendez des bruits suspects. Regardez bien partout afin de vous assurer que tout fonctionne correctement : feux, voyants, pneus, ceintures de sécurité, climatisation, pédales etc. Vérifiez aussi que le véhicule comporte bien une roue de secours et un cric.

Enfin, il faut savoir que vous trouverez couramment des voitures qui ont plus de 250 000 kilomètres au compteur. Cela peut paraître énorme en France, mais ne vous braquez pas tout de suite sur le nombre de kilomètres si la voiture est, par ailleurs, en bon état. Les distances en Australie n’ont rien à voir avec celles que l’on peut parcourir en France et les voitures qui sont vendues là-bas sont adaptées.

Maintenant que vous avez effectué toutes les démarches nécessaires et acheté votre voiture, l’aventure peut commencer ! Il est temps de partir enfin sur la route… que diriez-vous de la Tasmanie ? Lisez nos conseils pour ne rien rater sur la Côte Est de la Tasmanie et sa capitale, Hobart.