Gala, la plus artiste des muses à l’honneur au MNAC de Barcelone

Au début de l’été, nous avions vu l’expo « Sa Muse… » du Musée Regards de Provence (Marseille), consacrée aux muses d’artistes. Nous avions été impressionnées par le rôle puissant de ces femmes et modèles qui inspirent les artistes et leur soufflent leurs idées. Quand nous avons vu que le Musée National d’Art de Catalogne de Barcelone (MNAC, ou Museu Nacional d’Art de Catalunya en catalan) consacrait son exposition temporaire sur Gala, femme et muse du célèbre Salvador Dalí, nous n’avons pas hésité à y faire un tour ! D’autant plus que nous avions adoré notre petit road trip espagnol consacré à l’œuvre de Dalí, à Figueras, Pubol et Cadaquès… Voici un aperçu de ce que vous pourrez apprendre en visitant l’expo « Gala Salvador Dalí. Una habitación propia en Púbol ».

Le MNAC, un musée à ne pas rater à Barcelone

Si vous êtes déjà allés à Barcelone, vous n’avez pas pu manquer le Musée National d’Art de Catalogne (MNAC), cet immense palais qui surplombe la Plaça Espanya, sur la colline de Montjuic.

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Le MNAC vu du toit du Centre Commercial de Las Arenas – Photo : Claire Feuardant
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La Plaza Espanya et le Fontaine Magique de Montjuic, vues depuis l’esplanade du MNAC – Photo : Claire Feuardant

Si le bâtiment en lui-même, construit pour l’Exposition Universelle de 1929, est imposant, sa collection l’est encore plus ! Avec 4 espaces, respectivement consacrés à l’art médiéval (roman et gothique), l’art de la Renaissance et baroque, et l’art moderne, il embrasse plusieurs siècles d’art catalan et une grande variété de supports artistiques : peinture, art mural, photographie, objets de design… On vous prévient tout de suite : il vous faudra bien une journée complète pour tout voir !

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L’intérieur du MNAC – Photo : Claire Feuardant
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Le plafond du MNAC – Photo : Claire Feuardant

Outre sa collection permanente, le MNAC propose une exposition temporaire qui change régulièrement. En ce moment, l’exposition est consacrée à Gala, connue pour avoir été la femme et muse de deux grands artistes du XXème siècle : Paul Eluard et Salvador Dalí.

« Gala Salvador Dalí. Una habitación propia en Púbol » : Une exposition qui rend hommage à Gala

Qui est Gala ?

Née en Russie en 1894, Gala – de son vrai nom Elena Ivanovna Diakonova – fut élevée au milieu des livres. Cela explique non seulement sa passion pour la littérature, mais aussi son flair artistique : c’est elle qui encouragera Paul Eluard à devenir écrivain, lorsqu’elle le rencontrera en 1912, de même que c’est elle qui saura voir le talent encore méconnu de Dalí.

Tout au long de sa vie, Gala fréquenta le milieu littéraire et artistique. D’abord en tant que muse : elle fut la femme de deux artistes majeurs du XXème siècle, l’amante de Max Ernst, et l’amie des poètes surréalistes René Crevel et René Char. Mais aussi en tant que modèle : elle fut immortalisée par les plus grands photographes de l’époque (Man Ray, Brassaï, Cecil Beaton, le photographe de mode Horst P. Horst, ou encore Marc Lacroix du fameux Studio Harcourt).

Mais surtout, plus qu’une simple muse, Gala fut aussi une véritable artiste : comme le montre très bien l’exposition, elle joua un rôle primordial dans le développement de l’œuvre de Salvador Dalí.

C’est cette personnalité multiple que la première partie de l’exposition tente de retracer, à travers des photos de Gala dans son château de Púbol, des plans de décoration du château dessinés par Dalí, ou encore divers bibelots russes et livres en cyrilliques extraits de sa bibliothèque.

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Un aperçu de la collection de vêtements de Gala – Photo : Claire Feuardant

Gala, muse de Paul Eluard

La seconde partie de l’exposition nous montre en quoi Gala joua un rôle majeur dans la carrière littéraire de son premier mari, Paul Eluard. Lorsqu’ils se rencontrent au sanatorium de Clavadel, celui qui s’appelle encore Eugène Grindel ne sait pas encore qu’il veut être écrivain : c’est Gala, flairant son potentiel, qui le poussera à démarrer sa carrière. L’avenir lui donnera raison, Paul Eluard devenant par la suite l’un des poètes surréalistes les plus réputés de son époque !

Sa relation avec Paul Eluard la conduira à fréquenter le cercle littéraire français, dont certains (comme André Breton) la voient (à juste titre ?) comme une rivale. En 1929, le couple voyage à Cadaquès en Catalogne : c’est là que Gala fait la connaissance de Salvador Dalí, un peintre catalan qui n’est pas encore connu mais possède un énorme potentiel. Elle tombe immédiatement sous son charme et délaisse Paul Eluard, au sommet de sa gloire, pour une plongée dans l’inconnu.

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Un exemplaire de L’Air de l’eau dédicacé par André Breton pour Gala et Dalí – Photo : Claire Feuardant

Gala, muse de Salvador Dalí

On ne cessera jamais de le dire : sans Gala, l’œuvre de Dalí aurait été tout autre. La véritable question que soulève l’exposition est : sans Gala, Dalí aurait-il connu le même succès en tant qu’artiste ?

En effet, Gala a participé au projet créatif de Dalí à tous les niveaux – d’où la double signature que l’on peut voir un peu partout, « Gala Salvador Dalí ». En 1971, Dalí offre à Gala le château de Púbol, son espace privé, où sa personnalité pourra s’affirmer (pour la petite anecdote, Gala accepta le cadeau de son mari à une seule condition : qu’il ne puisse pas y entrer sans son autorisation !).

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Pareja con las cabezas llenas de nubes, 1936, Salvador Dalí – Photo : Claire Feuardant

Notre avis sur l’exposition

Selon nous, l’exposition « Gala Salvador Dalí. Una habitación propia en Púbol » vaut vraiment le détour ! Pour commencer, elle nous permet de redécouvrir l’histoire de l’art sous un angle inhabituel. C’est l’une des rares expositions à mettre ainsi en avant une muse d’« artiste-star », en montrant que les femmes derrière les artistes jouent souvent un rôle plus important qu’on ne le croit ! Cette exposition a le mérite de rendre un véritable hommage à Gala et à sa contribution au surréalisme.

De plus, cette exposition, qui est coorganisée avec la Fondation Gala-Salvador Dalí de Figueres, propose des œuvres majeures qui raviront les amateurs d’arts surréaliste ! Nous avons ainsi pu voir des tableaux célèbres de Dalí, comme Retrato de Gala con dos costillas de cordero en equilibrio sobre su hombro (1934) (en photo de une) ; Sueño causado por el vuelo de una abeja alrededor de una granada un segundo antes de despertar (1944) ; ou encore Gala Placidia. Galatea de las esferas (1952).

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Sueño causado por el vuelo de una abeja alrededor de una granada un segundo antes de despertar, 1944, Salvador Dalí
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Gala Placidia. Galatea de las esferas, 1952, Salvador Dalí

Informations pratiques

L’exposition « Gala Salvador Dalí. Una habitación propia en Púbol » dure jusqu’au 14 octobre 2018.

Le MNAC est fermé le lundi, ouvert de 10h à 20h du mardi au samedi, et de 10h à 15h le dimanche et les jours fériés. Attention, ces horaires ne sont valables que de mai à septembre ! En hiver, le musée ferme à 18h en semaine.

Le prix d’un billet pour le MNAC est de 12€ (tarif plein). Pour voir seulement l’exposition temporaire, vous devrez payer 4€. Il existe également des tarifs réduits, et le musée est entièrement gratuit le samedi à partir de 15h et tous les premiers dimanches du mois.

Pour vous y rendre, le mieux est de prendre le métro (L1 ou L3, arrêt Espanya) ou le bus (lignes 13, 37, 55, 150).

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Le MNAC – Photo : Claire Feuardant

Gala Salvador Dalí. Una habitación propia en Púbol, Musée National d’Art de Catalogne, Barcelone. Jusqu’au 14 octobre 2018. 

Frédéric Lanovsky expose ses drôles de personnages à Mougins

C’est par hasard que nous avons découvert les sculptures de Frédéric Lanovsky. Et pourtant, la journée ne semblait pas très bien partie. Nous n’avions pas choisi le bon jour pour venir à Mougins : le lundi, beaucoup de galeries d’art sont fermées ! Nous voulions visiter le Musée de la Photographie, mais nous nous sommes retrouvées devant une porte fermée (pour cause de changement d’exposition). Et pour finir, un orage menaçait d’éclater…

Mais l’Espace culturel, lui, était bel et bien ouvert ! Nous n’avons pas pu résister à la curiosité d’aller jeter un coup d’œil aux expositions en cours. Celle de Frédéric Lanovsky a été une très belle surprise ! Lumineuses, décalées, uniques et drôles, ses sculptures ont tout pour plaire. Voici cinq bonnes raisons d’y faire un détour.

1. « Faire la connaissance » d’un artiste cannois

Pourquoi aller jusqu’à Paris quand on peut aussi trouver de belles expositions sur la Côte d’Azur ? Originaire de Cannes, Frédéric Lanovsky expose aujourd’hui dans le monde entier. Mais il n’hésite pas à rendre hommage à la région qui l’a vu grandir en confiant plusieurs de ses œuvres à la municipalité de Mougins.

Le CV de Frédéric Lanvosky a de quoi impressionner ! A l’âge de 19 ans, il s’installe à Paris pour étudier à l’Ecole des Beaux-Arts. Il devient ensuite coloriste pour la célèbre maison de couture Cacharel. Mais c’est dans le sud de la France qu’il se sent le mieux : il quitte alors Paris pour entamer une carrière de sculpteur.

Ses sculptures représentent des personnages hauts en couleur dans leur vie quotidienne. Un homme en train de passer l’aspirateur, une femme en train de se coiffer, un couple de touristes arrivant sur leur lieu de vacances… Frédéric Lanovsky sculpte ses personnages dans toutes sortes de situations, souvent en agrémentant ses œuvres de véritables objets (vêtements, sacs, appareils ménagers…).

Lorsqu’il créé ses personnages, l’artiste n’hésite pas à jouer sur le mouvement, la matière et l’espace. Sa première sculpture, Giselle, mesure 3,50 mètres de haut ! Selon l’artiste, c’est autant un moyen de surprendre le spectateur que de le ramener à son enfance, où tout paraissait démesuré. Il joue aussi avec les couleurs – son ancien métier de coloriste oblige !

Le style unique de Frédéric Lanovsky plaît aussi à l’international : il créé des sculptures pour le « Evelina Children’s Hospital » de Londres et expose au sein du Boca Raton Museum of Art de Floride, où deux de ses œuvres sont primées. Mais il sait rester fidèle à sa région natale et expose aussi à Nice, Monaco… et cet été à Mougins !

2. Découvrir une technique artistique originale

Si vous vous intéressez un minimum à l’art, les œuvres de Frédéric Lanovsky piqueront sans doute votre curiosité. En les observant de près, nous nous sommes posé des questions : en quoi sont faites ces sculptures ? Est-ce que l’artiste utilise de vrais vêtements ? Comment parvient-il à transformer le tissu de cette manière ? Heureusement, un film très bien fait est là pour répondre à toutes nos interrogations.

Sculpture de Frédéric Lanovsky à Mougins
Melle Piou-Piou, Frédéric Lanovsky – Photo : Claire Feuardant

Frédéric Lanovsky donne une première forme à ses sculptures en les modelant dans du grillage, qu’il recouvre ensuite de plâtre. Puis il ajoute une troisième couche, formée d’un mélange de résine synthétique et de fibre de verre. C’est dans la résine qu’il ajoute les pigments des couleurs qu’il veut donner à ses personnages. Et oui, dans certaines de ses sculptures, l’artiste utilise de vrais vêtements, souvent dénichés dans des vide-greniers ! C’est la résine qui leur donne cet aspect particulier (nous avons d’abord cru qu’il s’agissait de verre !).

3. Retrouver votre âme d’enfant

L’univers artistique de Frédéric Lanovsky est très enfantin : il suffit de faire un tour sur son site internet pour s’en rendre compte ! L’artiste a une imagination folle qui transparaît dans ses sculptures mais aussi dans ses aquarelles, dont certaines sont également exposées à l’Espace Culturel de Mougins.

Avec leurs vêtements de couleurs vives et leur bouille attachante, les personnages de Frédéric Lanovsky pourraient être tout droit sortis d’un dessin animé ! L’artiste attribue à chacun une personnalité propre (la plupart de ses personnages ont un prénom !). Ainsi, il nous incite à imaginer une histoire autour des scènes de vie qu’il représente. Un bon prétexte pour faire travailler notre imagination de grand enfant ! A l’entrée de l’exposition, une planche rassemble les photos de chaque sculpture avec le nom du personnage. Amusez-vous à les retrouver dans chaque pièce !

Mais Frédéric Lanovsky ne sculpte pas que des femmes et des hommes. On trouve aussi des animaux bariolés qui n’ont rien à envier aux créatures fantastiques que l’on peut trouver dans les dessins animés : un chien avec des antennes, un papillon à quatre pattes tenu en laisse…

Prenez bien le temps d’observer chaque sculpture et de vous émerveiller devant les détails qui n’ont pas été laissés au hasard par l’artiste (comme le ferait un enfant !).

4. Faire un saut dans les années 70

Que l’on ait ou non vécu dans les années 1970, nous avons tous rêvé de revenir à cette époque. La culture était en plein essor, les jeunes respiraient l’insouciance et étaient constamment en quête de libertés… L’engouement récent pour le vintage que l’on voit partout, de la mode à la musique, n’est pas apparu de nulle part ! Et pour cause : cela fait toujours du bien de se replonger avec nostalgie dans une époque que l’on n’a pas forcément connue, mais que l’on aime idéaliser…

Frédéric Lanovsky l’a bien compris : tout dans ses sculptures nous ramène au vintage. Les années 70 transparaissent dans les couleurs vives, le style des vêtements, les motifs floraux, les accessoires, l’apparence des personnages, les décors de chaque petite scénette…

5. Explorer le village de Mougins

Tant que vous êtes à Mougins, profitez-en pour faire un tour (ou plusieurs !) du village. Croyez-nous, vous ne serez pas déçu ! Certains villages provençaux ont une « âme » qui les différencie des autres et permet de les reconnaître dès que l’on en voit une photo… Mougins en fait partie !

Mougins village
Mougins – Photos : Alice Feuardant

L’agencement du village « en escargot », digne d’un labyrinthe, incite à la flânerie et invite à se perdre dans le dédale des petites rues. En vous promenant au hasard, vous pourrez tomber sur une infinité de détails qui font le charme de Mougins : une boîte au lettre décorée par un artiste du village, des étoiles blanches peintes au sol, des appuis de fenêtres ornés de pots à plantes originaux… et surtout, beaucoup de galeries d’art !

Mougins village
Photo : Alice Feuardant
Mougins village
Photo : Alice Feuardant

N’oubliez pas d’aller voir la vue sur les collines environnantes depuis la place qui se trouve devant l’Office de Tourisme !

Mougins village
La vue sur les collines depuis Mougins – Photo : Alice Feuardant

Si vous êtes dans la région cet été, vous n’avez plus d’excuses pour ne pas aller voir les œuvres de Frédéric Lanovsky ! L’exposition a lieu jusqu’au 20 septembre 2018. L’Espace culturel est ouvert tous les jours de 10h à 13h et 14h à 19h jusqu’au 31 août, puis de 10h à 12h30 et 14h à 18h. L’entrée est gratuite.

Le Musée de l’Art Culinaire à Villeneuve-Loubet

A moins d’habiter dans la région des Alpes-Maritimes, il est peu probable que vous ayez déjà entendu parler de Villeneuve-Loubet. Et pourtant, cette commune aux multiples facettes a vu naître l’un des plus grands maîtres de la gastronomie française : Auguste Escoffier. Sa maison natale, située en plein cœur du village provençal, abrite aujourd’hui un musée dédié à l’art culinaire. Si vous passez dans la région cet été, faites-y un tour ! Vous apprendrez beaucoup de choses sur une partie du patrimoine français que beaucoup de pays nous envient…

Le Musée Escoffier de l’Art Culinaire

Un bon repas ne se refuse pas, surtout lorsqu’il est élaboré par un chef étoilé et servi dans l’une des très estimées tables du guide Michelin… Au fond, nous sommes tous amateurs de gastronomie ! Un bon prétexte pour aller régaler vos pupilles et vos papilles au Musée de l’Art Culinaire.

De l’apprentissage aux hôtels de luxe

Pour la petite histoire, c’est Joseph Donon, l’un des disciples d’Escoffier, qui eut l’idée de créer un musée à la mémoire de son Maître. Aménagé à l’intérieur de la maison natale du célèbre cuisinier, ce musée serait un hommage à la vie, l’œuvre et l’héritage d’Escoffier. Il fut inauguré le 4 mai 1966.

On peut dire que c’est un pari réussi pour Joseph Donon. Parmi les nombreux points positifs du musée, il faut souligner qu’aucune pièce ne se ressemble : la plupart des meubles ont été conservés en l’état, comme c’est par exemple le cas dans le bureau d’Escoffier père. En pénétrant dans les différentes pièces de la maison, le visiteur s’imprègne complètement du lieu où Auguste Escoffier a grandi et découvert la gastronomie. Tout au long du parcours de visite, des panneaux explicatifs, extraits du Guide Culinaire et ustensiles nous en apprennent plus sur la vie et la carrière d’Escoffier, ainsi que sur sa vision de la gastronomie et ses inventions.

Photo : Claire Feuardant

Fasciné par les ustensiles et préparations culinaires de sa grand-mère, le jeune Auguste Escoffier devint apprenti cuisinier en 1859, à l’âge de 13 ans. Il travaillait alors pour son oncle, au « Restaurant français » de Nice. Quelques années plus tard, il emménagea à Paris pour suivre une formation. Sa rencontre avec César Ritz, directeur du Grand-Hôtel à Monte-Carlo, marqua un tournant dans sa carrière. Les deux hommes s’associèrent et partirent à Londres en 1890, où ils dirigèrent le restaurant de l’Hôtel Savoy. Grâce à cette collaboration de longue durée, Escoffier contribua à transformer la gastronomie française en développant notamment le concept d’hôtellerie de luxe qui s’adressait aux riches personnalités et artistes célèbres.

Visionnaire

Tout au long de sa carrière, Auguste Escoffier a toujours cherché à faciliter le travail du cuisinier. Il n’a pas hésité pour cela à inventer de nouveaux ustensiles comme l’appareil à dénoyauter les olives (il n’était pas villeneuvois pour rien !), la machine à chapelure ou encore l’appareil à émincer les pommes de terres (ancêtre de la mandoline). C’est également lui qui mit au point l’organisation des cuisines en brigades, un système toujours utilisé aujourd’hui au sein des plus grands restaurants.

Photo : Claire Feuardant

Auguste Escoffier est aussi l’auteur du célèbre Guide culinaire, un ouvrage comportant plus de 5000 recettes. Aujourd’hui considéré comme une référence incontournable par les plus grands chefs, ce guide pose les bases de la gastronomie moderne. Surnommé « Cuisinier des rois et Roi des cuisiniers » par ses pairs, il fut le premier cuisinier à recevoir la Légion d’honneur.

Une glace pour Madame Melba

Vous connaissez sans doute la pêche melba : quel glacier ne l’intègre pas à sa carte ? Riche en anecdotes, l’exposition du Musée de l’Art Culinaire nous a également appris comment était né ce célèbre dessert signé Auguste Escoffier. C’est pour une certaine Nellie Melba, cantatrice australienne et cliente de l’Hôtel Savoy, qu’il créa pour la première fois une coupe de glace à la vanille agrémentée de pêches pochées à la vanille, d’une purée de framboises et de sucre filé. Il lui fit ce cadeau pour la remercier de l’avoir invité à la représentation de Lohengrin, un opéra dans lequel elle chantait. Escoffier fit servir la pêche melba dans un bloc de glace taillé dans la forme d’un cygne, en hommage à l’oiseau de l’opéra.

Notre avis sur la visite

Les deux pièces du musée que nous avons préférées sont la salle de l’Art Pâtissier et celle des menus. La Salle de l’Art Pâtissier renferme une magnifique collection de sculptures en sucre et en chocolat, dont certaines ont été présentées lors du Festival « Les Etoiles de Mougins » ou lors du concours de Meilleur Ouvrier de France Chocolatier-Confiseur. Nous avons été particulièrement impressionnées par la pièce de Christian Camprini, « Quetzalcóatl, Dieu du Cacao », qui lui permit de remporter le titre de Meilleur Ouvrier de France en 2003.

Comme son nom l’indique, la salle des menus rassemble différents menus anciens, classés par thèmes et par ordre chronologique. Exposés dans des vitrines, les cartes créées pour des événements particuliers et les menus du jour de restaurants s’apparentent à de véritables œuvres d’art. Ornés d’enluminures, de calligraphie et de dessins en couleur minutieusement peints, ils sont aussi beaux qu’alléchants ! Les panneaux explicatifs regorgent d’anecdotes sur la naissance des menus, la création du premier restaurant et le Logis du Loup, un restaurant villeneuvois réputé au XXème siècle.

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La visite du musée se termine par deux salles consacrées aux expositions temporaires. Et si vous venez en juillet ou en août, vous pourrez profiter d’une dégustation gratuite de la Pêche Melba !

Dégustation de la Pêche Melba – Photo : Alice Feuardant

Informations pratiques

Le Musée de l’Art Culinaire est ouvert de 10h à 13h et de 14h à 18h en basse saison (octobre à mai) et jusqu’à 19h en haute saison (juin à septembre). Il est fermé durant les jours fériés, en novembre et en décembre. L’entrée plein tarif coûte 6€ et l’entrée au tarif réduit (étudiants, demandeurs d’emploi et personnes à mobilité réduite) coûte 3€. Le musée est gratuit pour les enfants de moins de 11 ans et tous les premiers dimanches du mois d’octobre à avril.

Si vous venez en voiture, nous vous conseillons de vous garer sur le grand parking du pôle culturel Escoffier. Vous pourrez rejoindre le village en suivant la « balade Escoffier », une promenade d’environ 10 minutes au bord du Loup et jalonnée de panneaux explicatifs sur le cuisinier.

Villeneuve-Loubet, entre les collines et la mer

Le loup – Photo : Alice Feuardant

Le village de Villeneuve-Loubet : authentique et culturel

Si vous voulez prolonger l’expérience « Escoffier » jusqu’au bout, promenez-vous dans les petites rues du village, où la « balade Escoffier » continue (suivez les toques peintes en jaune sur le sol !).

Villeneuve-Loubet est un village provençal authentique, avec son pont fleuri enjambant le Loup, ses restaurants mettant la cuisine française à l’honneur et ses petits bistrots. En plein centre-ville, derrière la mairie de Villeneuve-Loubet, se trouve le Musée d’histoire et d’art.

Photo : Alice Feuardant

Le premier étage est consacré aux expositions temporaires et les deux derniers retracent l’histoire de l’armée française au XXème siècle à travers une exposition permanente très riche. On peut y admirer des reproductions d’avions de chasse et de chars, différents uniformes de l’armée française, de milliers d’insignes militaires mais aussi des reliques et objets du quotidien de l’époque. L’entrée est gratuite.

Musée d'art et d'histoire de Villeneuve-Loubet

Musée d'art et d'histoire de Villeneuve-Loubet

Musée d'art et d'histoire de Villeneuve-Loubet

Musée d'art et d'histoire de Villeneuve-Loubet

En sortant du Musée de l’Art Culinaire, les plus courageux n’hésiteront pas à emprunter la rue Auguste Escoffier pour monter jusqu’à l’Eglise Saint Marc. Depuis le parvis de l’édifice, on peut observer toute la ville en contrebas, du village provençal jusqu’à la baie des anges.

Photo : Alice Feuardant

En gravissant quelques marches supplémentaires, vous arriverez devant la forteresse médiévale datant du XIIIème siècle. Son donjon d’une hauteur de 32 mètres, très bien conservé, constitue aujourd’hui un excellent témoignage de l’architecture médiévale. Le parc du château est planté d’une multitude d’espèces de plantes méditerranéennes et exotiques : cette diversité unique lui a valu d’être inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques.

La vue depuis le parvis de l’Eglise Saint Marc – Photo : Alice Feuardant

Le château de Villeneuve Loubet est devenu une propriété privée en 1742. Aujourd’hui, il n’est pas possible de le visiter librement, mais des visites guidées sont organisées sur rendez-vous par l’Office du Tourisme. Les visites se font uniquement le mardi et le samedi aux mois de juillet et août. Les réservations se font par téléphone au 04 92 02 66 16.

Villeneuve-Loubet Plage : dynamique et touristique

Situé entre les collines et la mer, Villeneuve-Loubet offre des paysages très variés et contrastés. A l’opposé du village, calme, proche de la nature et idéal pour une promenade tranquille en famille, le bord de mer est plus touristique. C’est avec la construction de sa Marina entre 1969 et 1993 que Villeneuve-Loubet a pu changer radicalement d’identité. Auparavant considérée comme une petite commune agricole, la ville est aujourd’hui une destination touristique très prisée, au même titre que Cagnes-sur-Mer, par exemple.

Photo : Alice Feuardant

Les immeubles résidentiels de la Marina ont été dessinés par l’architecte André Minangoy. Leur forme unique peut être interprétée de différentes manières : certains y voient des bateaux à voile, d’autres y voient des vagues. Très controversée au début car elle fermait la vue sur la mer, la Marina Baie des anges est classée « Patrimoine architectural du XXème siècle » depuis 2001.

Photo : Alice Feuardant
Photo : Alice Feuardant

Que l’on aime ou que l’on n’aime pas, il est toujours agréable de se promener sur le port de plaisance entouré par les immeubles résidentiels. Situé à deux pas de la plage, il est bordé de nombreux restaurants parmi lesquels vous trouverez forcément votre bonheur !

Vous êtes à la recherche d’idées de balade nature sur la Côte d’Azur ? Vous voulez profiter de l’été pour découvrir le bord de mer ? Le sentier du littoral du Cap d’Antibes est fait pour vous !