Nos expositions coup de cœur à Paris (mai 2017)

Vous êtes plutôt musique ? Plutôt mode ? Plutôt photo ? A Paris, vous trouverez toujours une exposition pour satisfaire votre soif d’apprendre ! Voici notre sélection des expositions du moment à voir absolument…

Pour les procrastinateurs : Kimono, Au bonheur des dames (Musée Guimet)

KIMONO-GuimetVous faites partie de ceux qui attendent toujours le dernier week-end pour aller voir une expo ?Alors c’est le moment d’aller voir l’exposition temporaire du Musée Guimet, Kimono, Au bonheur des dames ! Pourquoi ne pas profiter de la Nuit des Musées ce soir pour aller y jeter un œil ?

L’exposition est organisée autour de la collection de la maison Matsuzakaya : c’est la première fois que cette petite fabrique de kimonos de Nagoya, fondée en 1611 et devenue depuis un grand magasin qui possède d’immenses bâtiments à Tokyo, expose en France.

Kimono, Au bonheur des dames est organisée en trois temps. La première partie est consacrée à l’histoire du kimono : ses influences (saviez-vous que le kimono, à l’origine, était inspiré d’un vêtement traditionnel chinois ?), sa fabrication, la place qu’il occupe dans la société japonaise et son évolution depuis l’époque d’Edo jusqu’à aujourd’hui. On y apprend entre autres que le kimono est porté par tout le monde, quelle que soit sa classe sociale : ce qui distingue un samouraï d’un aristocrate, par exemple, n’est pas la coupe (invariablement en forme de T), mais le décor et la qualité du tissu.KIMONO-Guimet-2

Ensuite, une salle est consacrée aux différents accessoires du kimono, notamment la ceinture et les épingles et peignes à cheveux. On y apprend entre autres que la ceinture (obi), très lourde et contraignante, possède des dimensions impressionnantes : 5 mètres de long sur 35 cm de large !

La troisième partie de l’exposition montre l’influence de cet habit traditionnel sur la mode française. Ce n’est qu’au milieu du 19ème siècle qu’apparait le « japonisme » en France, à travers les créations de couturiers tels que Paul Poiret ou Madeleine Vionnet. Aujourd’hui, le kimono envahit les podiums, sans cesse réinterprété : on découvre les pièces des japonais Kenzo Takada, Issey Miyake ou Yohji Yamamoto, mais aussi de couturiers occidentaux (Yves Saint-Laurent, John Galliano pour Dior, Jean-Paul Gaultier…)

Le + : l’exposition est très bien illustrée : au total, plus de 150 pièces sont exposées. Nous avons été bluffées par le catalogue de motifs (c’est magique de voir le motif dessiné puis reproduit sur le kimono !).

Kimono, Au bonheur des dames, au Musée Guimet. Jusqu’au 22 mai.
Tarif : 9,5€ tarif plein ; 7€ tarif réduit
Horaires : Tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h.

Pour les passionnés de musique : Jamaica Jamaica ! (Philharmonie de Paris)

Musiciens et mélomanes, direction la Cité de la Musique ! En ce moment, la Philharmonie de Paris nous fait voyager en Jamaïque. Jamaica Jamaica ! retrace le parcours culturel, politique et musical de cette petite île des Caraïbes, un parcours singulier qui lui a permis de se faire une place dans le paysage musical international. Construite en 7 parties chronologiques (ne vous laissez pas effrayer par la frise qui débute l’expo !) et thématiques, l’exposition nous rappelle que la Jamaïque ne se réduit pas au reggae et à Bob Marley, en rendant hommage à tous ces styles musicaux qui ont posé les bases de bien des musiques actuelles et de la culture DJ.

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D’atelier en atelier, on découvre (et on écoute) le mento, héritage de l’époque coloniale, puis le ska, né de la rencontre entre musiques locales et jazz ou R’n’B américain. Ce n’est qu’à la fin des années 60, alors que la Jamaïque obtient son indépendance, que le reggae fait son apparition, nourri de ces diverses influences musicales. Il donnera naissance à de nombreux autres styles musicaux (rocksteady, dub, dancehall…), qui se répandront peu à peu dans le monde entier grâce aux stations de radio, aux premiers studios d’enregistrement, et aux fameux « sound system ». Vous connaissez la suite…

Le + : l’interactivité. L’exposition est illustrée par une impressionnante collection d’images et de films rares et propose de nombreux ateliers, comme cette salle où on peut remixer des tubes jamaïcains ! Nous qui n’écoutons habituellement pas de reggae, nous nous sommes laissées envoûter par l’univers musical remarquable de la Jamaïque.   

Pour prolonger l’expérience : L’exposition possède sa propre radio, Radio Jamaica !, disponible en ligne et en application. On vous conseille d’y faire un tour ! Vous y découvrirez sans aucun doute quelques pépites…

Jamaica Jamaica ! à l’Espace dʼexposition de la Philharmonie. Jusqu’au 18 août.
Tarif : 10 € tarif plein ; 5€ à 8€ tarif réduit.
Horaires : Du mardi au jeudi de 12h à 18h ; le vendredi de 12h à 22h ; le samedi et le dimanche de 10h à 20h.

Pour les fashion victimes : Balenciaga, L’œuvre au noir (Musée Bourdelle)

On entend beaucoup parler de Dalida, une garde-robe de la ville à la scène, qui présente une centaine de robes et tenues de la chanteuse. Mais que les passionnés de haute couture se rassurent, le Palais Galliera propose une autre exposition hors les murs au Musée Bourdelle, avec moins de strass et plus de sobriété : Balenciaga, L’œuvre au noir.

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Dans le cadre de sa saison espagnole, le Palais Galliera rend hommage au grand couturier espagnol Cristóbal Balenciaga, à travers une exposition monochrome qui se mêle aux sculptures d’Antoine Bourdelle. Après quelques croquis de Balenciaga, le visiteur découvre les magnifiques pièces du couturier, inspirées du folklore espagnol, à la fois minimalistes et complexes.

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Photo : Claire Feuardant

Dans la première partie de l’exposition, intitulée « Silhouettes et volumes », on apprend que Balenciaga a créé des silhouettes qui seront par la suite adoptées par le monde de la haute couture : les lignes tonneau ou ballon, la tunique, la robe-sac… Dans la deuxième partie, « Noirs & Lumières », le noir prend toutes les teintes possibles, sublimé par la lumière : il est tour à tour mat ou brillant, opaque ou transparent. Enfin, dans la troisième partie de l’exposition, « Noirs & Couleurs », les vêtements s’enhardissent d’une touche de couleur, souvent rose (comme les rayures d’un manteau ou le nœud d’une robe). L’univers de Balenciaga repose sur des silhouettes sans cesse réinventées, des jeux de lumière, de couleurs, de matières (soie, taffetas, satin, dentelle). Des robes du jour aux robes du soir, des accessoires aux boléros, manteaux et capes, chaque pièce est unique : Balenciaga réussit le pari de créer autant de silhouettes que de pièces à partir d’une seule couleur : le noir.

Le + : Le Musée Bourdelle, charmant petit musée du 15ème arrondissement, met en scène les pièces de Balenciaga en les faisant dialoguer avec les sculptures. Nous avons été impressionnées par l’immensité des sculptures du grand hall des plâtres, qui donne une impression quasi-mystique aux vêtements exposés ici et là.

Pour prolonger l’expérience : N’hésitez pas à faire un tour dans les ateliers de Bourdelle et dans la petite cour extérieure !

Balenciaga, L’œuvre au noir, au Musée Bourdelle. Jusqu’au 16 juillet.
Tarif : 11 € tarif plein ; 8€ tarif réduit.
Horaires : Du mardi au dimanche de 10h à 18h.

Pour les photographes : Don Mc Cullin, Looking East

Tout amateur de photos se doit de connaître Don McCullin. Après une enfance passée dans un quartier pauvre de Londres, ce passionné de photo s’est d’abord démarqué pour ses reportages poignants dépeignant la misère des banlieues de la ville, avant de se lancer dans le reportage de guerre. En 1964, son reportage sur la guerre civile à Chypre est récompensé du grand prix World Press Photo. Ses photos des conflits au Vietnam, au Liban ou au Biafra resteront emblématiques de la violence des guerres du 20ème siècle. Parmi ses multiples talents (il développe lui-même toutes ses photos), Don McCullin a un don indéniable pour capter l’instant présent. Il se met à la hauteur de son sujet avec la position humble du photographe caméléon, obtient son accord tacite avant d’appuyer sur le déclencheur.  

Don McCullin
Ghaziveram, Chypre. Femme turque en deuil après que son mari ait été tué durant la Guerre civile de Chypre entre les chypriotes grecs et les chypriotes turcs (20/03/1964, World Press Photo of the Year)

Avec son exposition Looking East, La Galerie Folia présente des images méconnues de Don McCullin, captées au cours de ses pérégrinations au cœur des civilisations de l’est. Certaines photos sont paisibles (comme celle des indiens photographiés durant la Kumbh Mela, pèlerinage hindou), d’autres plus tragiques (comme celle d’une famille libanaise dans un cimetière), mais toutes ont en commun leur intensité dramatique. 

Le + : A voir sans modération, l’entrée est gratuite ! 

Don McCullin, Looking East, à la Galerie Folia. Jusqu’au 27 mai 2017.
Horaires : Du mardi au vendredi de 13h à 19h, et le samedi de 11h à 19h.

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